Amitiés à l’étranger : quel avenir ?

Quand on vit à l’étranger – ou qu’on voyage au long terme, mais je vais rester sur le sujet de l’expatriation pour cette fois – on tisse très facilement des liens, que ce soit avec des gens de notre propre patrie, ou avec d’autres nationalités. On partage plus vite presque davantage de choses qu’avec nos amis restés au pays, si bien qu’on n’imagine pas que cette relation puisse changer un jour.

Arrive pourtant le moment où ces personnes s’en vont, parce que c’est comme ça à l’étranger, les gens vont et viennent. Lorsqu’il faut dire au revoir, on se promet de se rejoindre ci ou là, on se jure de s’envoyer des nouvelles… Et après ?

Je n’ai pas la prétention de détenir la réponse à cette expérience, mais je me permets juste de faire part de ce que j’ai pu observer sur cet « après », autour de moi mais aussi de par ma propre expérience.

Sièges colorés

Parmi ces gens qu’on rencontre aux quatre coins du monde, tu vas trouver :

– celui avec qui tu gardes un contact régulier, par mails, skype, réseaux sociaux, etc et dès que possible, tu sautes dans le premier avion pour aller voir cette personne. Je te le dis de suite, ça ne me semble pas être ce qui se passe en majorité… Simple impression basée sur un constat personnel !

– celui de qui tu n’as plus beaucoup de nouvelles, mais lorsqu’enfin tu le croises à une quelconque occasion, c’est comme si vous ne vous étiez jamais quittés. Les souvenirs des expériences partagées sont intacts, tu retrouves cette personnalité à laquelle tu t’étais attaché(e) et qui a rendu plaisante une belle expérience de vie. J’ai connu des gens qui, au moment de me dire au revoir, m’ont dit qu’ils n’étaient pas doués pour entretenir ce genre de relations à distance, mais que ça n’enlèverait rien au fait qu’ils seraient très contents de lire mes nouvelles, même s’ils n’y répondent pas. Au moins, les choses ont le mérite d’être claires !

– celui qui, même s’il est de bonne foi quand il te dit qu’il veut t’envoyer de ses nouvelles, n’a plus de place pour toi dans sa vie ; il se disperse tellement partout qu’il a trop de contacts à gérer et n’arrive tout simplement pas à être partout, parce que c’est juste pas possible d’être partout !

– celui avec qui tu as tenté de garder contact, à qui tu as envoyé un tas de mails, de messages par tous les moyens possibles, d’invitations, etc… mais en vain, pour ta plus grande déception. C’est celui qui est purement et simplement passé à autre chose. Il ne t’a pas forcément oublié(e) mais en changeant de lieu d’habitation, il a juste fermé un chapitre de sa vie pour passer à un suivant.

– celui de qui le chemin de vie s’est complètement éloigné du tien, à tel point que vous n’avez plus le moindre point commun. Ce sont des choses qui arrivent…

– celui avec qui tu as coupé les ponts, par choix ou par la force des choses. Ça arrive aussi, hélas.

Bon, en gros, je crois qu’on peut distinguer deux grosses catégories de personnes : ceux avec qui l’amitié à distance est possible, et ceux avec qui ça ne l’est pas. Je constate avec un brin de tristesse que la deuxième catégorie semble prédominante dans les expériences qu’on m’a rapportées (je m’exclus de cette majorité, explications plus bas…). Et d’un côté, est-ce que ça ne devrait pas être logique ? Avec ces gens-là, on n’a partagé qu’une minuscule portion de vie, finalement. Certes, on l’a partagée de façon très intense, mais ça n’est qu’un épisode parmi les nombreux épisodes qui vont constituer le film de leur vie…

En direction d'un bon moment en bonne compagnie !

En direction d’un bon moment en bonne compagnie…

Cette idée me dérange quand-même un peu, parce que ce n’est pas comme ça que je perçois les amis que je me suis fait à l’étranger, et de qui je m’estime chanceuse d’avoir partagé un bout de vie, tous autant qu’ils sont. Il est impensable que je les considère comme faisant partie d’un épisode terminé et révolu de ma vie. Pour ma part, je fais partie des personnes qui envoient régulièrement un petit signal pour tenter de maintenir le contact, je rappelle souvent aux gens qu’ils me manquent, que je pense à eux, que j’ai hâte de les revoir, etc (la relou de service, si tu veux…). C’est sûrement ce qui me permet d’être toujours en contact réel (et non pas être juste « amis » sur les réseaux sociaux sans ne rien échanger) avec une majorité des personnes avec qui j’ai partagé un bout de vie quelque part dans le monde, et j’en suis très heureuse. Mais ça ne semble pas être ce qu’il se passe en majorité.

Pour conclure, je voudrais juste rappeler à quel point les amitiés à l’étranger se créent très rapidement ; leur issue est variable, mais mieux vaut être préparé au fait qu’elles puissent se terminer aussi vite qu’elles ont démarré…

Et toi, que sont devenues ces rencontres que tu as faites au cours d’un long voyage/expatriation ? Raconte-nous tout !

***

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10 réflexions sur “Amitiés à l’étranger : quel avenir ?

  1. Après deux années Erasmus, on m’avait dit que tous les amis que je m’avais fait, allaient très vite m’oublier. J’ai eu la chance que ce ne soit pas le cas. Comme tu le dis ces amitiés sont si intenses, on vit tellement plus d’expériences avec ses amis à l’étranger que je crois que c’est impossible qu’ils disparaissent dans la nature (même si j’ai quand même perdue une personne que je croyais être une très bonne amie…). En tout cas, ce qui me rend triste, c’est que je peux pas leur rendre visite, ils habitent tous à au moins 10 heures d’avion :/

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    • Bien d’accord…
      Je m’estime moi aussi chanceuse d’avoir gardé contact avec la majorité de ces amis-là. Mais je sais que ce n’est pas la réalité de tous. J’ai moi-même perdu des personnes que j’estimais beaucoup, des mauvais choix qui ont mené à la fin de belles amitiés. Toutefois, même si je n’ai plus de contacts du tout avec ces personnes, je pense toujours beaucoup à elles, et je ne peux oublier l’importance qu’elles ont eue dans le déroulement de certaines de mes expériences à l’étranger.

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  2. Quand je suis partie aux Etats-Unis, j’ai vécu la même chose que toi. On se raconte tout tout de suite et ce qu’on vit créé un lien très fort. Comme Audrey, mes copines habitent maintenant aux quatre coins du monde mais étrangement, je savais en partant avec qui j’allais rester en contact ou non… Et c’est finalement avec mes copines rencontrées sur l’hexagone que j’ai le moins de contacts. Probablement à cause des chemins trop différents qu’on emrpunte..

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    • Pour ma part, je pensais savoir avec qui j’allais garder contact… comme je suis une personne entière, je voulais et croyais dur comme fer que toutes ces fortes amitiés allaient perdurer dans le temps, sans exception. Ça a été le cas pour certaines, d’autres ont disparu avec le temps, malgré ma tendance à toujours envoyer des messages, etc.

      Je te rejoins sur le cas des amitiés de l’hexagone. les contacts s’espacent, les chemins se séparent (d’autant plus parce qu’à mon âge, tout le monde semble préoccupé par le fait de faire plein de bébés et de construire une maison, ce qui est bien le dernier de mes soucis). Je suis un peu l’extraterrestre parmi les groupes d’amis que j’avais…. forcément, ça éloigne… !

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  3. Très très intéressant comme article.
    J’ai passé 1 an en Nouvelle-Zélande, ai vécu des choses très fortes avec certaines personnes, mais par la suite, chacun retourne dans son pays d’origine ou continue de voyager, et il est très dur de garder contact.
    Personnellement, je n’étais pas forcement préparée à ça. Je pensais vraiment pouvoir garder contact, mais la vie perso reprend le dessus! J’arrive malgré à garder contact avec quelques personnes. Life keep going!

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    • Je crois que c’est d’autant plus dur quand la personne retourne dans son pays, car elle retourne à sa « vie d’avant », avec ses repères d’avant, ses amis, etc… et là, c’est hyper dur de garder une place dans leur vie. Pas impossible, mais plus compliqué, et il faut que la volonté soit réciproque aussi ; je suis déçue de voir que je suis parfois la seule à vouloir maintenir un contact, ça me donne l’impression que je n’ai pas autant d’importance à leurs yeux que eux ont aux miens… C’est la vie !

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  4. Je n’ai pas encore beaucoup d’expérience d’amitiés à l’étranger mais avec le métier que je veux faire je devrais pouvoir en parler davantage^^
    Je reviens de 3 mois en Allemagne, j’ai rencontré une personne géniale, c’est souvent moi qui la recontacte, mais je sais pourtant qu’elle est de bonne foi et je pense (ou ma naïveté l’espère très fort) qu’on restera en contact très longtemps. Et comme quelqu’un l’a dit plus haut, je trouve qu’il est plus dur de garder contact avec les gens que l’on connaît depuis plus longtemps en France, où là, je suis comme tu dis « la relou de service » ahah. Sans doute car à l’étranger le lien se créé plus vite et plus fort..(?)
    J’aime beaucoup ton article 🙂

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