On s’embrasse ou bien ?

Réponse : ça dépend du pays ! Je vais me baser sur ma propre expérience pour te montrer à quel point nous sommes différents sur le sujet.

Nous, les français, sommes des gens assez froids. On est pas ultra tactiles, et on garde nos distances quand on ne connait pas les gens. Cette réserve m’a encore plus frappée au fur et à mesure que j’ai avancé dans mon expérience de tour du monde. Mais on n’est pas complètement sauvages non plus, et ça aussi, mon expérience me le prouve…

Mon premier jour de travail au Brésil en février 2011 m’a marquée notamment pour cette raison. Ça faisait à peine plus de 24h qu’on avait atterri, et celle qui allait être mon assistante pendant un an (et devenir une super amie par la suite) m’avait donné rendez-vous à la réception de l’hôtel. En fait, avant ce rendez-vous, j’ignorais s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Son prénom, encore inconnu en France à l’époque, sonnait assez mixte pour moi, et je ne me sentais pas trop à l’aise à demander par mail « au fait, t’es un mec ou une meuf? ». Donc j’ai pas demandé, et c’était alors la surprise en descendant les escaliers de l’hôtel où on résidait ces premiers jours. À l’heure précise du rendez-vous, une seule personne se tenait à la réception : une jolie brune au sourire ravageur dont le visage s’est illuminé lorsqu’elle m’a vue. Bon, ok, ça doit être elle ! Et direct, elle s’est dirigée vers moi, et m’a prise dans ses bras, comme si on se connaissait depuis super longtemps, et qu’on se retrouvait après une longue séparation ! Surprenant, ma foi ! La petite française que je suis n’est pas habituée à ça. Je me dis que ça doit être un truc de filles… On fait connaissance, on prend un taxi qui nous amène à l’entreprise, et là, rebelote avec toutes les personnes dont je fais la connaissance. Ouais, j’ai passé à peu près ma journée entière à faire des câlins aux gens, les vieux, les jeunes, les gars, les filles… Ya pire comme première journée de boulot ! 🙂 Et je comprends alors que ça n’est pas qu’un truc de meufs…

Petit à petit, on a pris cette habitude d’être très tactile avec les gens, si bien que quand on est revenus en France pour nous marier l’année suivante, mon mari a eu l’idée – ou plutôt le réflexe – de prendre le Maire dans ses bras quand celui-ci s’est tenu devant nous pour nous féliciter. Perso, ça ne m’avait pas choquée, mais c’est quand toute la salle s’est mise à rire que j’ai compris ce qui avait surpris les gens. Puis le Maire a bien précisé que c’était la première fois que le marié l’embrassait ! Je pense qu’il n’oubliera donc pas notre mariage… tant mieux 🙂

J’ai à ce moment réalisé à quel point on avait pris le pli brésilien, et j’avoue que ça m’allait bien. Je pense que ça me convenait bien, ce côté tactile ! Ça me ressemblait, en fait…

Je ne la connaissais pas, mais gros câlin déjà !

Je ne la connaissais pas, mais gros câlin déjà – Chantier humanitaire au Brésil 2012

On a poursuivi un peu notre expérience brésilienne, puis on est partis au Portugal. On s’attendait à retrouver énormément de points communs avec le Brésil, et notamment ça. Mais à part la langue (et encore…), ce n’était pas du tout le cas ! Les femmes étaient peut-être un peu plus tactiles entre elles, un petit côté méditerranéen pas très loin, mais entre hommes et femmes, nada. Entre les hommes, nada (et puis quoi encore!). Bref, il a fallu se réhabituer à la distance… Bon bah réhabituons nous !

Puis, déménagement au Canada ! Là on a retrouvé un peu de côté tactile, pas autant qu’au Brésil, mais toujours plus qu’en France et qu’au Portugal. Et hop, on reprend le pli !

Et enfin, déménagement en Australie, et là, grosse baffe dans ma tête : pas de bise, éventuellement la poignée de mains, mais c’est tout… La distance est de rigueur (à part chez les filles un peu bourrées… il parait qu’elles ont les mains baladeuses… avis aux amateurs 😉 )… Ça fait un peu bizarre d’ailleurs, car à côté de ça, les australiens sont vachement chaleureux dans leurs propos, vraiment super sympas, ils s’intéressent à toi et deviennent vite familiers dans leur façon de s’adresser à toi, mais les gestes ne suivent pas. Bien évidemment, ya toujours des exceptions hein, mais grossomodo, c’est ça. J’ai eu un peu l’impression de choquer une famille d’australiens quand au moment de dire au revoir, j’ai spontanément voulu faire la bise. Imagine un peu si je m’étais laissée aller à la brésilienne !!! J’aurais eu un procès au derrière ? J’en rigole mais sur le coup je me suis sentie couillonne.

Bref, tout ça pour dire que c’est étrange de voir à quel point chaque culture est différente sur certains aspects, et combien la perception change en fonction de sa propre culture et de ses propres expériences. Nous, français, sommes distants par rapport aux brésiliens, mais un peu trop envahissants pour les australiens… Je trouve intéressant de faire ce constat, et de le vivre surtout. Ça fait partie de la découverte culturelle de notre vaste monde, et ça ne fait que commencer ! Il ne nous reste plus qu’à nous adapter ! Et à défaut de pouvoir embrasser les gens, bah on embrasse le monde 😉

Embrasse le monde - Corse 2015

Embrasse le monde – Corse 2015

***

Suis-moi sur Instagram et Facebook !

Tu pars en voyage au long cours ? N’oublie pas l’assurance ! Plus d’infos ici avec en bonus 5% de réduction pour toute souscription de l’assurance Cap Working Holiday !

6 réflexions sur “On s’embrasse ou bien ?

  1. Ahaha j’ai vraiment aimé l’anecdote du mariage, ça à effectivement dû le surprendre le Maire ! En tout cas c’est un sujet intéressant et je me suis aussi souvent posé la question. Pour ma part, quand je rentre en France, j’ai désormais perdu l’habitude de faire des bises. Évidemment si l’on vient vers moi je vais tendre la joue, mais je n’aime pas aller de moi-même faire des bises aux inconnus.
    Et j’aime bien ce passage sur l’Australie, lorsque tu dis que les australiens sont très chaleureux mais pas forcément tactiles. Je trouve que ça représente bien les choses : on peut être chaleureux sans forcément se toucher. Et c’est qui me dérange parfois avec notre bise française, on sent que pour beaucoup (et c’est mon cas) faire la bise à un inconnu ça a un côté pas naturel, forcé par un code culturel et du coup ça perds un peu de sa valeur 🙂

    J'aime

    • J’avoue que je ne me sens pas trop à l’aise avec la bise non plus, mais plus parce que je ne sais jamais combien faut en faire, et aussi parce que dans la région où je passe le plus de temps en France à chacun de mes passages, c’est par 4 qu’on fait les bises ! T’as 10 personnes, tu fais 40 bises quoi… Lol. Ça me convient mieux de prendre la personne dans les bras, avec très éventuellement une bise. Mais pour le coup, c’est ceux à qui je dis bonjour que ça pose problème maintenant ahah !

      J'aime

  2. Ahah ton article m’a bien fait rire et rappelé de nombreux souvenirs oú je me suis sentie « couillone » aussi. Ayant vécu au Brésil, je n’arrive toujours pas à prendre le pli australien. Ici c’est une acolade, parfois une seule bise si on est chanceux. C’est drôle de constater que la manière de se saluer peut être distante mais les ns restent chaleureux… Parfois l’inverse.

    J'aime

  3. Je me souviens qu’effectivement au Bresil c’etait calins tout le temps 😉 En Ecosse, pas vraiment de contact physique. Et je doit dire qu’ici j’ai encore parfois du mal avec les « hugs », je ne suis pas quelqu’un de tres tactile.
    Et pareil, quand je rentre en France ca me fait bizarre de faire la bise!

    J'aime

Ton commentaire est bienvenu !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s