5 ans d’expatriations

Aujourd’hui, ça fait tout juste 5 ans que nous avons quitté la France pour notre première expatriation au Brésil. 5 ans déjà… C’est passé à toute vitesse ! J’ai même l’impression que le temps n’a jamais filé aussi vite que depuis que nous sommes partis de notre pays d’origine ! Initialement, nous étions censés partir pour un an seulement, le temps du contrat qui m’avais permis ce départ, chéri dans la valise… Et nous ne sommes finalement jamais revenus, pas pour nous installer en tout cas. Que s’est-il donc passé pour qu’une expatriation de 365 jours se transforme ainsi en expatriation de toujours ?

Sur le départ

L’expatriation, une question d’opportunité(s)

Un jour, alors que je cherchais désespérément un emploi en France pour meubler quelques mois avant notre grand départ en Australie (oui parce qu’à l’origine, c’était en Australie qu’on devait partir… Voir ici), je suis tombée sur une offre de VIE (Volontariat International en Entreprise) qui me semblait bien sympa au Brésil dans un laboratoire pharmaceutique de grande renommée. Vu que nous préparions vraiment tout pour l’Australie, il n’y avait aucune raison que je postule à cette offre. Nan, aucune. Mais, va savoir pourquoi, j’ai postulé quand-même. Comme ça, sans rien dire à personne, sans rien en attendre, juste peut-être pour voir si mon CV intéressait aussi l’étranger. Mais il se trouve qu’on m’a contactée en retour, et que suite à un entretien téléphonique suivi d’une visioconférence avec le Brésil, c’est moi qui ai été sélectionnée. Que choisir, du coup ? Projet de longue date en Australie où aucun travail ne nous attend, ou emploi garanti avec sécurité financière au Brésil, un pays auquel on n’avait pas forcément pensé auparavant ? Le choix a été plus que vite fait ! Il a donc suffi qu’une offre me passe tout à fait par hasard sous les yeux, et que j’y réponde pour une raison inconnue, et qu’on me sélectionne parmi les nombreux autres postulants ! Ou en d’autres termes, j’ai saisi à pleines mains une opportunité qui se présentait à moi…

Une fois au Brésil, la découverte de cette nouvelle culture a ouvert encore davantage notre esprit, les rencontres se sont enchaînées, de ces rencontres sont nées de nouvelles opportunités, de nouvelles envies… On a très vite été sous le charme de ce nouveau style de vie, et on s’est simplement laissés porter par ce vent-là. Et voilà comment on en arrive à ne pas revenir de quelque chose qui n’était censé durer qu’un an…

Happy Brésil

5 ans – 4 pays

Le 5 février 2011, voilà encore une date que je ne suis pas prête d’oublier ! Après avoir bouclé les bagages avec lesquels on allait vivre pendant un an (avec cette affreuse sensation d’oublier quelque chose d’essentiel), puis avoir dit au revoir à la famille, nous avons pris l’avion direction São Paulo. C’était pour moi une première fois à plein de niveaux : premier vol de plus de 10h, première fois dans l’hémisphère sud, première fois de l’autre côté de l’Océan, première fois que je pars réellement vivre et travailler quelque part sans prévision de retour avant un an, et j’en passe… J’étais à la fois excitée comme une puce et en même temps terrifiée par tant de nouveautés… Après quelques longues heures de vol, nous arrivions sur le territoire brésilien le 6 février 2011 pour vivre une histoire qui allait changer notre vie, notre vision du monde et de l’avenir…

À l’issue de la première année, je saisissais une autre opportunité qui me permettait de faire quelques pas de plus au pays de la samba. Hélas, tout ne s’est pas tout à fait déroulé comme prévu, donc cette seconde opportunité n’a pas abouti à grand-chose. Alors on a simplement continué ailleurs, en saisissant une autre opportunité, en faisant d’autres rencontres, en suivant l’instinct et le destin…

Du Brésil au Portugal… Du Portugal au Canada… Du Canada à l’Australie… le tout entrecoupé de passages de transitions plus ou moins courts en France. En 5 ans, on aura vécu dans pas moins de 4 pays. Et c’est sûrement à cause de tant de changements que le temps passe encore plus vite depuis que nous sommes partis de France…

En Australie

Bilan

Certains pensent qu’on a la belle vie, d’autres nous trouvent un poil instables. Ma conclusion à moi est toute autre…

Je ne dirais pas qu’on a la belle vie, ou du moins pas aussi catégoriquement que ça ; vivre à l’étranger, c’est cool, ok, mais ce n’est pas forcément la solution de facilité non plus. Il a fallu accepter de sortir de notre zone de confort (et pour ça, il faut être prêt), faire preuve de gros efforts d’adaptation afin de nous assurer une intégration partout où on est allés, et même si ça permet de mettre en pratique plein d’aspects de l’éducation que nos parents ont bien voulu nous donner, ça requiert d’être capable de presque tout apprendre de nouveau, faire face à de nouveaux problèmes en plus de ceux qui ne sont pas réglés (oui, parce que partir à l’étranger peut peut-être régler certains problèmes, mais bien souvent, certains d’entre eux sont simplement notre ombre… partir ne permet pas de s’en séparer).
Puis ce n’est pas toujours facile d’être loin de la famille, des amis, de passer à côté de moments importants de leur vie… Les choses ont été un peu moins difficiles pour nous du fait qu’on soit partis à deux, et que l’on poursuive cette aventure à deux, chaque jour plus intensément, mais ça n’anéantit pas complètement ce manque.
Là où on a la belle vie, c’est qu’on vit la vie qu’on a choisie 🙂

Instables ? Non plus, surtout pas selon ma définition. Pour moi, la stabilité est très étroitement corrélée à la notion d’équilibre. Quelqu’un qui est stable géographiquement parlant peut très bien être complètement instable dans sa tête… tout comme quelqu’un qui bouge partout peut très certainement être équilibré aussi. Partir et se mettre à vivre au rythme des rencontres, des opportunités et des envies, et de ce fait changer de lieu d’habitation régulièrement, ça n’a rien d’instable, surtout si on l’a choisi 😉 Ce n’est pas comme si elle résultait de changements incessants d’avis sur telle ou telle chose. Ça, oui, c’est de l’instabilité… Finalement, cette « instabilité » géographique est notre stabilité à nous, et dans ce cas, je doute qu’on puisse encore employer le mot « instabilité ».

De mon point de vue, ces 5 dernières années nous ont surtout apporté une grande richesse intérieure. On a appris tellement dans chaque pays, que ce soit sur la culture locale ou sur nous-mêmes. Chaque nouvelle installation dans un pays est un nouveau défi devant lequel on se doit de se surpasser. On découvre ainsi qu’on est capables de choses qu’on ne soupçonnait pas forcément, ou qu’on sous-estimait.
Ces 5 années nous ont permis de faire des rencontres génialissimes que nous n’aurions jamais faites en restant en France. Un véritable cadeau…
Ces 5 ans ont également consolidé notre couple. Chacune de ces expatriations riches en découvertes aux 4 coins du monde, on les a vécues ensemble ; certes, chacun a sa façon en fonction de sa sensibilité, mais on était quand-même main dans la main pour les vivre. On partage à tout jamais ces souvenirs très forts  qui nous font pétiller le regard dès qu’on les évoque.

Photo par M. Auvinet

Franchement, le bilan est plutôt positif. Tout n’a pas tout le temps été rose (ça se saurait s’il existait une seule expérience de vie 100% positive), mais ce qu’il reste, c’est tout rose oui 😉

En deux mots : aucun regret.

On parle justement de moi dans le Hors-Série de l’Express magazine, dans le dossier sur les serial-expats. N’hésite pas à le découvrir, le magazine entier est intéressant !

***

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13 réflexions sur “5 ans d’expatriations

  1. Congrats ! Ça fait plaisir de lire un article comme celui là, je me retrouve dans presque tout, sauf que je voyage tout seul. Parti de France le 11 janvier 2011, j’ai passé un an en Angleterre, suivi d’un an au Canada, puis 2 ans en Australie, et actuellement en Nouvelle-Zélande depuis quelques mois. Pas facile tous les jours c’est vrai, mais au final, aucun regret et seul les bons souvenirs restent!
    See you around the world 😉
    Stephane

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    • Hello Stephane !
      merci pour ta lecture et ton commentaire. Je vois que tu as une vie riche en découvertes aussi ! 😉 Tu dois avoir un sacré niveau d’anglais après tous ces pays, et surtout de merveilleux paysages en tête 😉
      À bientôt quelque part oui héhé

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  2. Happy birthday!! Vous êtes quand même finalement arrive en Australie…
    et ceux qui parle d’instabilité ne comprennent pas l’effort necessaire pour s’adapter à une nouvelle culture, il faut justement de la force de caractere et savoir ce qu’on veut… tout n’est qu’une question d’interprétation;-)
    Enjoy!!

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  3. Ça fait tellement de bien de lire des choses dans lesquels ont se reconnaît vraiment, aussi bien dans le ressenti que dans le choix de prendre des opportunités qui s’offre à toi. Pour ma part ce n’est qu’un début, et hasard de la vie j’ai postulé à une offre pour un contrat de 5 semaines en UK où je ne pensais jamais etre prise. Finalement tout comme toi j’ai été choisie et j’ai rencontré des gens géniaux qui m’ont dit vient en Australie. Même chose je postule pour une offre sans grandes illusions et boum après la phase de recrutement je suis prise. Au depart je voulais aller au Chili, mais bon j’ai trouvé un travail en Australie, alors voilà j’y suis et pour la premiere fois de ma vie je me laisse porter par le vent…et c’est plutôt agréable.Cheers à tous les voyageurs

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    • Merci pour ta lecture et ton commentaire ! Chouette parcours également, c’est en effet pas désagréable de se laisser porter par ce que le destin choisit pour nous en nous mettant sous le nez des opportunités auxquelles on n’avait pas pensé 😉
      Bonne(s) expatriation(s) alors 🙂

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  4. Mon mari et moi, qui nous sommes mis à voyager dès notre rencontre il y a plus de 19 ans, sommes entièrement d’accord avec ton bilan.
    Et partager toutes ces expériences (bonnes ou mauvaises) est quelque chose de formidable, on se sent plus complices à chaque moment rajouté à notre vie à deux.
    En fait, la stabilité est dans la tête, à partir du moment où on se sent bien dans ce qu’on vit, où est le problème ?
    Nous sommes encore plus amoureux qu’à nos débuts ensemble et à notre premier voyage, et nous vous souhaitons au moins autant de bonheur !! Vous êtes très beaux tous les 2 sur la photo !

    Merci de partager toutes vos expériences et vos impressions 🙂

    Claire

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  5. Super article, je rentre d’un an en Argentine et après un retour euphorique, après avoir revu tous mes proches, la routine reprend toujours le dessus. Ça rafraîchit de lire quelques phrases de l’étranger et ça remotive pour mettre les bouchées doubles afin de trouver un quelque chose au soleil 🙂
    Et je plussoie totalement l’analyse philosophique de la stabilité 🙂

    Lesc

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  6. Coucou 🙂 c’est moi Naj du site les expat du brésil.
    Je viens de trouver ton facebook que tu m’as conseillé.
    je t’avoue que je suis bluffé par ton parcours, ça m’a fait voyager de lire ton article et je t’en remercie, c’est tout simplement magique de traverser la vie comme tu le fais je suis en admiration.
    Je t’ai manqué de peu sur Toulouse alors ? … lol.

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  7. Pingback: 5 ans d’expatriations – Travel-Trip.fr

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