Retour en France : plaisir ou galère ?

Si tu me suis sur les réseaux sociaux, tu as dû voir que je reviens de quelques jours de vacances en France, suivis d’un arrêt à Kuala Lumpur en Malaisie. Vacances. Ouais, je sais pas si le mot est vraiment adéquat en fait, même si c’est typiquement parce que ce séjour était censé faire office de vacances que je n’ai pas ajouté d’articles ici ces dernières semaines, bien que j’aie été un minimum présente sur les réseaux sociaux 🙂 Je ne vais pas parler de Kuala Lumpur aujourd’hui, je vais plutôt parler de la partie « retour en France »… De loin, on peut se dire qu’un retour en France est source de détente et que c’est hyper simple à organiser. En réalité, pas tant que ça, d’autant plus si tu ne reviens que pour une courte durée (on n’a pas tous autant de vacances qu’en France, hélas) et de très loin ! Pourquoi donc ? Multiples raisons à cela, et je t’en expose quelques unes ici, basées sur ma propre expérience !

  • Prise de tête de l’organisation

Dès lors que tu as planifié ton retour en France, tu préviens tes proches de ton retour dans l’optique de les voir et de profiter d’eux ; jusque là, rien de compliqué. Dans un monde idéal, pour que l’organisation soit facile et histoire que ce séjour ne soit pas trop fatiguant, il faudrait que les membres de ta famille habitent tous dans la même ville, que tes amis n’aient jamais quitté l’endroit où tu as grandi, et que tous habitent à moins d’une heure de l’aéroport où tu vas atterrir.
Tu l’auras compris et sûrement vécu, ça n’est jamais comme ça que ça se passe… et réussir à caler un moment avec chacune de ces personnes relève d’un véritable marathon, surtout quand tes proches ont eu la bonne idée de vivre à des centaines de kilomètres les uns des autres (on ne va pas le leur reprocher, t’es bien parti(e) à des dizaines de milliers de bornes, toi 😉 ). Tout le monde veut te voir mais tu ne peux clairement pas voir tout le monde sur une aussi courte durée.
La solution idéale à ce premier problème serait de ne venir que dans une seule ville (surtout si tu viens sur une courte durée), de louer une grosse baraque et de proposer à tes proches de te rendre visite à cet endroit. Tu peux toujours proposer, oui… mais ne t’attend pas à un succès de fou. Tu risques plutôt des réponses du genre « t’as bien parcouru 10.000km pour rentrer en France, t’es quand-même pas à 500km près! » (…).
Puis l’autre problème avec cette solution, c’est que tu proposes d’une certaine façon des « visites groupées ». Ça peut être sympa quand tous tes proches (amis et familles) s’entendent bien… Mais quand il y a simplement un risque que certains s’entretuent parce qu’incapables de mettre leurs différends de côté pendant ces rares instants que tu passes en France, bah tu évites, même si l’idée semblait bien sur papier…
Et enfin, c’est une solution assez coûteuse, car faut quand-même se la louer, la maison en question !
En clair, je n’ai pas de solution idéale pour ça ! 🙂 (tout ça pour ça…)
Pour prendre notre exemple, quand on rentre, on divise habituellement notre séjour en 3 morceaux : on va se poser dans les 3 villes où sont nos parents. Par chance, on a généralement d’autres personnes présentes dans ces mêmes villes, famille ou amis. Exceptionnellement, parce qu’on l’avait promis depuis belle lurette, ou parce que c’est sur le chemin pour aller d’une ville à une autre, on s’arrête ailleurs le temps d’une soirée. Mais franchement, après un voyage de plus de 30h, on tient vraiment à limiter les déplacements pendant le peu de temps qu’on passe en France. Ça n’est toujours pas la solution idéale, mais ça fonctionnait à peu près correctement jusqu’à maintenant. Je pense toutefois qu’on va encore essayer de trouver une autre organisation pour la prochaine fois !

Retour zen ?

  • Le choix des vols et la longueur du voyage

En Europe, c’est cool, t’as moyen de profiter des vols pas chers avec les compagnies low-cost qui opèrent un peu partout. Ça devient un peu moins cool si tes proches n’habitent pas du tout dans des villes proches d’aéroports (c’est notre cas…), et surtout si tu habites hors Europe. D’ici en Australie, le prix d’un billet d’avion aller/retour par personne coûte environ 1000euros. C’est plus cher pendant la période de Noël (normal) et pendant les mois de juillet-août, et ça peut être moins cher si tu tombes sur un bon plan et/ou si tu connais quelques astuces (concernant ce dernier point, je te laisse chercher sur la toile les nombreux conseils qui sont prodigués sur le sujet, en termes d’heure et de jour de connexion, etc etc… Plusieurs blogueurs ont récemment abordé le sujet). Mon astuce à moi pour ne pas payer plein pot cet été (période où le billet coûtait normalement 1500 euros aller/retour… x2 puisqu’on est deux!) a été d’ajouter une escale en changeant de compagnie aérienne. En effet, j’ai pris d’abord un billet aller/retour Sydney – Kuala Lumpur (mais j’aurais pu choisir bien d’autres villes d’Asie du sud-est) via AirAsia, une compagnie low-cost du coin, et j’ai ensuite acheté un autre billet Kuala Lumpur – Paris via une autre compagnie. Cette petite manoeuvre m’aura fait économiser 500 euros par billet… Oui oui ! Pas négligeable ! Cela dit, quelques points négatifs à cela :
– il faut s’assurer d’être autorisé à faire cette escale en Asie : vu que tu vas devoir quitter la zone internationale de l’aéroport pour récupérer tes bagages, etc, il te faut vérifier si tu as besoin de demander un visa au préalable ou si ça se fait sur place, et si tu remplis bien les conditions.
– tu multiplies les risques de perte de bagages (je dis ça pour les poisseux comme moi!)
– le vol Sydney – Asie du sud-est en low cost, c’est quand-même pas le grand bonheur : il te faut payer pour toute boisson ou collation, il n’y a pas de films dans l’avion, … Low cost, quoi ! Et 7h sans confort, c’est long, trèèèèèèès long !
– tu te rajoutes un décollage + atterrissage (ça, c’est pour ceux qui ont des soucis d’oreilles, de sinus, etc…) ; d’un autre côté, ça fragmente aussi le trajet ! On a ainsi eu 3 vols de 7h chacun…
Finalement, en ajoutant à cela la durée des escales, le temps de trajet entre chez nous et l’aéroport, les temps d’attentes de toutes parts, on aura mis pas loin de 35h entre le moment où on est partis de chez nous et le moment où on est arrivés chez nos premiers hôtes à Paris… Franchement, j’étais contente de ne pas voyager avec des gamins, et j’admire ceux qui le font (et qui ne se laissent pas décourager par ces regards et soupirs accusateurs dans l’avion quand les gamins n’en peuvent plus de rester dans leurs sièges…).
Bref… Prix du trajet (+prix du chenil pour Toupie!) + longueur de celui-ci à partir de l’Australie = on ne rentrera pas souvent !!!!

Petronas twin towers à Kuala Lumpur - Malaisie

Petronas twin towers à Kuala Lumpur – Malaisie

  • La réadaptation à ton pays

En habitant à l’étranger, tu t’es adapté(e) à ton pays d’accueil, même si t’as parfois l’impression que ce n’est pas le cas. Et même si tu fais partie de ces français qui ne restent qu’entre français à l’étranger, t’as changé, t’as pris des « trucs de là-bas », des façons de parler, de te comporter, etc. Et là, tu reviens dans ton pays, et c’est le choc culturel dans l’autre sens. Tu dois te réhabituer à des choses que tu avais oubliées… Et nan, en France, on ne dit pas « merci mon pote » au chauffeur de bus quand on descend de celui-ci (je développerai ce point dans un futur article sur les petites habitudes typiquement australiennes) !! T’es limite un peu paumé(e) alors que c’est là que tu es né(e) et que tu as grandi. Bon, pas le choix, c’est à toi de faire l’effort de réadaptation si tu veux pas passer pour un(e) marginal(e) le temps de ton retour en France !!
Puis ya le climat aussi. Si tu viens de loin en plein hiver ou plein été, qui plus est de l’hémisphère sud, tu risques le choc climatique ! Le mieux est sûrement d’opter pour un retour au printemps ou automne afin de limiter la casse 😉

  • Les grosses bouffes, les soirées prolongées et les journées trop chargées

Une bouffe avec untel, un café gourmand avec untel, un apéro avec untel, une soirée avec untel, et ainsi de suite chaque jour qui se passe sur place ! C’est super, tout ça ! Mais autant te dire qu’un retour en France n’est pas la bonne occasion pour se mettre au régime ! D’autant plus qu’il y a sûrement plein d’aliments que tu vas retrouver avec joie, comme le fromage, la charcuterie, le bon pain, les bonnes pâtisseries… le tout accompagné de bons vins, etc… Ton appareil digestif prend cher !
Puis en général, tu as calé tout ça au milieu d’un planning bien chargé de rendez-vous administratifs ou médicaux, (oui parce que les médecins sont vraiment PAS CHERS en France…), de courses de produits que tu n’as pas dans ton pays d’accueil, etc… Et tu finis en principe sur une soirée qui n’en finit plus parce que tu cherches à rattraper en une soirée toutes celles que tu as ratées pendant tous ces mois écoulés…
Bref, chaque jour est non seulement un marathon pour ton système digestif, mais pour ton organisme tout entier ! Et tu reviens de France souvent bien plus crevé(e) qu’avant d’y aller ! Heureusement que tu le fais avec plaisir tout ça !

Les joies du retour en France

Les joies du retour en France

  • L’horreur des au revoir

T’es arrivé(e), t’as dit bonjour, t’as passé un bon (ou pas) moment. Il va être temps de repartir et donc de dire au revoir. Et ça, c’est franchement pas le moment le plus fun. Enfin je sais pas toi, mais moi je déteste les au revoir. Je serais du genre à trouver une excuse du genre « j’ai une envie pressante, dites au revoir sans moi! » histoire d’échapper à ce moment-là. Mais bon, ma maman m’a éduquée de telle sorte à ce que je sois polie, donc je reste… Je fais partie de ceux qui se disent « on ne sait pas où on sera demain« . Non pas à cause de mon âme voyageuse, mais parce que c’est juste vrai, personne ne peut savoir à 100% ce qu’il fera le jour d’après, l’heure d’après, et encore moins s’il sera toujours vivant (surtout avec la tournure que prend notre monde…). Ouais, je sais, c’est super noir, mais c’est hyper réaliste aussi. Du coup, quand je dis au revoir, j’ai toujours peur que ce soit pour la dernière fois (j’ai dû choper ce truc au Brésil je crois car j’étais pas comme ça avant!).
Aussi, et ça rejoint ce que je disais dans cet article sur les coulisses de la distance, tu repars pour cette distance géographique et temporelle qui va encore davantage amplifier une véritable distance affective. 
Ouais, j’aime vraiment pas les au revoir. Mais je prends sur moi, et fais mine que tout va bien, et je me contente de chaleureuses bises après un moment souvent trop court avec eux et voilà. J’entretiens à tort l’impression que je dois leur laisser…

Ce qu’ils voient, c’est quelqu’un qui vient d’arriver et dira trop vite au revoir.
C’est quelqu’un qui ne faisait que passer pour raconter trop d’histoires.
Ce qu’ils ne voient pas, c’est la quantité de larmes versées après chaque au revoir…

Nan, un retour en France ne rime pas vraiment avec facilité et relaxation ! C’est cher, c’est toujours trop court sur place, et sauf en rentrant plusieurs mois d’affilée, ça n’est pas possible de passer du temps avec tout le monde. Si tu essaies, tu risques juste d’amplifier ce sentiment frustrant d’avoir bâclé quelque chose, tout en alimentant la déception des personnes en face aussi… Clairement, ça n’est juste pas possible de satisfaire tout le monde, alors le mieux est de faire en sorte de te satisfaire toi, de faire en sorte que ton planning te fasse plaisir en fonction de ce que tu peux te permettre financièrement et logistiquement parlant aussi, et tout se passera bien. Parce qu’à côté de ces galères principalement organisationnelles et logistiques, ça fait quand-même du bien de retourner aux sources, même si tu te sens chaque fois un peu moins français, ça reste ta terre, ta patrie, tes racines !

Donc ce n’est finalement pas QUE galère ou QUE plaisir, c’est un peu de galère pour beaucoup de plaisir 🙂

***

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8 réflexions sur “Retour en France : plaisir ou galère ?

  1. Hello Jenny,
    Tu as tout dit et si bien décrit.
    La première fois que nous sommes rentrés en métropole depuis Tahiti, c’était pour des fêtes de fin d’année. Bilan 4 000 kms (pour voir un maximum de gens), nous n’avons pas dormi deux soirs dans le même lit, nous avons déplacé des tonnes de bagages, et mangé du foie gras tous les soirs pendant 4 semaines !
    Et oui, il faut ménager familles et amis. La meilleure solution est de se poser dans une grande maison, et quand tu as fait 18 000 kms, les gens qui t’aiment peuvent en faire 500. Quand tu auras une grande maison en Australie, tu pourras l’échanger avec des français (ou des portugais ;-)), tu économiseras la location. Ça marche bien. Je te fais confiance pour trouver la bonne solution.
    Bon retour en Australie, et au plaisir de te lire. Bises.
    Dominique
    PS : si vous n’étiez pas aussi sympas, vous n’auriez pas autant de monde à revoir !!!

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    • Toujours les mots pour me faire sourire Dominique! Merci 😊
      Ah c’est pas simple ces aspects là n’empêche! Merci du conseil, je prends note 🙂

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  2. Comme je te comprends, c’est tout à fait ça ! Je suis en ce moment en vacances en France pour 6 semaines, et même si je suis triste de repartir j’ai hâte de rentrer pour retrouver du calme et de la sérénité ! Bon retour au calme !

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  3. Coucou Jenny!
    Cest Rachel on s’est rencontrées il ta quelques semaines à une soirée des expats à Sydney! Super sympas ton blog j’aime beaucoup tes conseils et astuces.
    Je me suis beaucoup reconnu dans cet article. Les vacances en France plaisir ou galère je dirais même plaisir ou torture. C’est toujours une telle joie de retrouver ceux que tu aimes mais à la fois un tel casse tête. Avec Michael on à trouver une parade. Une année c’est nous qui bougeons, une année c’est eux (les amis). Ça te permet aussi de voir se qui se donne de la peine et ceux qui ne font pas plus d’effort. Comme tu le sais déjà les voyages ça aide à faire du tri à ce niveau la!!! Et il n’y a que les meilleurs qui reste au final!
    Nous avons de la chance nos familles habite à 45 minutes en voiture l’une de l’autre alors on jongle pas mal avec ça et oui pour tout ceux qui habite un peu plus loin c’est notre stratégie comme ça on a toujours une année de repos où on reste avec nos proches et dans les environs et puis l’année suivantes c’est la course folle ou tu passes 5h/10h dans une voiture pour juste appréciér 2h/3h avec des êtres chers… C’est le jeu ma pauvre lucette… Mais en vue de la vie magnifique qu’on a ici cela en vaut la chandelle!!
    Le plus frustrant pour ma part est quand tu as tout c’est gens qui tebrabbache saur tu leurs manques mais quand il s’agit de prendre 1h de leur temps pour venir te voir il ne changerai en rien leur routine ou ne ferais d’effort pour ce déplacer une année et n’ai pas vu une amie parce que sont seule jour de disponible sur 3 semaines c’était le jour où il y avais une promotion à Aldi et c’était ma promotion ou moi… Son choix a été vite fait… Elle n’allait pas raté cette super offre… Les gens sont tellement égocentrique c’est fou et à la fois déroutant. De se dire comme tu le dis si bien… Je fais 20 000km paye 3000€+ pour être avec eux (car il me font culpabiliser toute l’année!!) et c’est comme ça qu’il me remercie!!! Quand t’es pas habitué ça peut faire un choc mais bon maintenant je suis au courant et j’ai décidé les quelques jours (précieux) que j’ai avec ceux qui l’apprécie et le veulent vraiment… Le tri comme je l’ai déjà dis se fais naturellement et puis la vie continu avec les meilleurs. C’est tout ce qui compte après tout!!

    Les voyages en France pas toujours de tout repos mais nécessaire et vital pour moi! 😊❤️

    Merci pour cet superbe article. C’est bon de savoir qu’on est pas les seul dans ce cas!! 👍🏼

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    • Hello Rachel ! Merci mille fois pour ton commentaire que j’ai lu avec beaucoup d’attention. Merci également d’avoir pris la peine d’être allée voir mon blog 🙂 Désolée du retard de réponse, je n’ai pas Internet à la maison, ça ne facilite pas les choses pour gérer ce blog :-/

      Ça m’a l’air pas mal du tout cette organisation, c’est sûr que le fait de « rester dans le même coin » du fait de la proximité de vos familles respectives, ça aide aussi. De notre côté, ya plusieurs centaines de kilomètres entre chaque :-/ mais ça se réfléchit, ça me plait bien ce concept, même si ça fera toujours des insatisfaits ! héhé
      Bien d’accord avec toi, c’est franchement pas simple ces retours en France, mais c’est beaucoup de plaisir au final 😉

      À très bientôt, autour d’une petite bouffe chez nous si ça vous dit !

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  4. Je crois même qu’il n’y a pas besoin de vivre à l’autre bout de la planète pour ressentir cet effet. Quand je rentre simplement en Bretagne pour un week-end ou que l’on rentre 4 jours en Italie (chez mon chéri), on le vit déjà. Et pourtant, on n’est pas si loin (pour l’instant) !

    Ca me surprend toujours de voir à quel point ce n’est pas si important pour certains, que tu rentres. Tu ne les as pas vu depuis 6 mois – 1 an, avant de partir, tu étais comme cul et chemise, puis là, s’ils t’accordent une heure, tu es heureuse. De mon côté, ça a également fait un bon tri, ce qui me permet de ne plus être constamment en train de courir et ça, ça fait un bien fou !

    Chouette article en tout cas, il résume bien la situation héhé.

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