Australie : 24h par chez moi

6h, mon quartier s’éveille.
Les premiers rayons du soleil illuminent toute la maison.
Le chant du coq du voisin confirme qu’encore une fois, mon réveil ne me servira pas.
Le cri du kookaburra résonne dans tout le quartier.
Les puissants croassements des corbeaux répondent (?) aux kookaburras.
Les premiers promeneurs de chiens marchent d’un pas aussi décidé que leurs mascottes.
Le doux parfum des fleurs de frangipanier donnent un air très exotique à la ville.

Frangipanier Un passant me dit « hey mate » avec un grand sourire.
Encore un autre agrémente son propos d’un petit compliment sympa sur ma chienne.
Les courageux et/ou motivés pratiquent le yoga dans les espaces verts.
Les travailleurs matinaux rentrent dans leur voiture gourde d’eau en main.
Le staff des petits cafés s’active dans tous les sens.
Une odeur de bacon et oeufs émane des cuisines voisines.
Les sportifs courent après je ne sais pas trop quoi.
Les ouvriers sont déjà en train de travailler torse nu histoire de bien exposer leur musculature et leurs tatouages.
Les premiers klaxons de ceux qui sont trop stressés dans la vie se font entendre au loin.
L’odeur gourmande du pain grillé m’ouvre l’appétit.
Un coup d’oeil à la météo, qui sera certainement erronée de toute façon, me donne envie d’aller travailler à l’extérieur…

9h, je vais bosser de la station balnéaire la plus proche.
Le bus me permet d’entendre parler le plus grand nombre de langues étrangères à la minute.
Les utilisateurs du bus remercient chaleureusement le chauffeur avant de descendre.
De nombreux klaxons rappellent que les australiens ne sont pas si « pas stressés » que ça 😉
Les petits écoliers sont habillés en uniforme différent selon l’école d’où ils viennent.
Des mamans font leur footing en poussant un landau.
Les cacatoès virevoltent entre les voitures en hurlant comme pour s’amuser avec les courants d’air.

Cacatoes Les feux pour piétons passent au vert avec un bruit typique.
Un vrombissement de moteur provient d’un de ces clinquants picks-ups.

10h, je m’installe à une terrasse de café où je peux voir le monde.
Les cris des mouettes annoncent qu’elles vont aller racketter quelqu’un.
La mer est encore assez calme.
Des surfeurs de tout âge vont et viennent en direction de la plage.
Des adolescentes remontent leur jupe de costume d’école dès que leurs parents ont le dos tourné.
Les martins-tristes défendent H24 leur territoire de tout intrus en en hurlant.
Une maman se promène avec une copine, elle aussi maman, toutes deux à pousser leur landau.
Les travailleurs achètent leur café à emporter au ptit café du coin.
Les passants ont tous un gobelet de café à la main quand ce n’est pas une planche de surf.
Des personnes âgées se déplacent en « scooter » électrique même dans les supermarchés.
De gigantesques maisons abritent en réalité des colocations de 12 personnes.
Des langues étrangères se font entendre à tous les coins de rue.
Des combinaisons de surf sont étendues sur les rebords des balcons.
Des campervans sont stationnés dans les endroits où la vue est la meilleure.
Les femmes vont au travail ou simplement chez leur médecin en tenue affriolante.
Les gens plus ou moins connus portent tous l’éternelle combinaison lunettes de soleil et casquettes pour passer incognito.

Incognito Les terrasses des bars et restaurants donnent l’impression que tout le monde est en vacances.
De talentueux artistes se produisent dans la rue à des endroits stratégiques.
Les touristes photographient tout du sol au ciel, en passant par les fontaines d’eau, les façades de bâtiment, les palmiers et les avions qui survolent la ville.

11h45, c’est l’heure du lunch.
Les backpackers cherchent désespérément où manger sans se ruiner.
Les étudiants font mine de réviser à la terrasse du café.
Les femmes aux lèvres repulpées bien trop tôt se les remaquillent avant de manger.
Les narcissiques prennent un selfie à peine installés au resto.
Les mamans organisent de gros regroupements de mamans avec bébés autour d’un pique-nique au parc.
Les mecs roulent fenêtre ouverte pour diffuser bien trop fort leur musique souvent démodée.
Les vieux riches se promènent en short et polo Lacoste avec une femme asiatique au moins 25 ans plus jeune qu’eux (eh oui, ça existe pour de vrai).
Les français critiquent les passants à voix haute en oubliant que du monde est susceptible de les comprendre…
Les serveuses me demandent comment s’est passée ma journée jusqu’à maintenant avec un air vraiment intéressé.
La mamie de la table d’à côté me demande d’où vient mon accent.
Les travailleurs vont et viennent pour commander leur sandwich du midi.
Le vieux célibataire d’à côté essaie d’avoir mon numéro de téléphone mine de rien.
L’odeur de grillades provenant des barbecues mis à disposition à la plage réveille mon estomac.
Une passante lashe sur ma veste et veut absolument me l’acheter, comme ça, en pleine rue.
Un ibis fouille dans la poubelle d’à côté.

14h, la station balnéaire bat son plein.
Un groupe d’étudiantes étrangères se promène juste en maillot de bains dans la rue.
Les surfeurs débutants semblent empotés à porter leur planche bien trop grande.
Un défilé de voitures de luxe toutes aussi clinquantes les unes que les autres te rappellent que Sydney est une ville archi trop friquée.
Les gens semblent tous avoir ce don inné de savoir se déplacer en rollers, en skate, en trotinette, et tout ce qui demande cet équilibre que je n’ai pas.
Les étrangers à la peau très blanche fraîchement arrivés semblent ignorer à quel point le soleil crame la peau ici.
Les bus roulent bien trop vite dans une zone tellement piétonnière.
Les terrasses des bars sont pleines dès 15h pour les happy hours entre collègues de boulot.
Les serveurs s’intéressent à ta vie avec une passion surprenante.
Un papi veut te raconter toute l’histoire de la race des Beagle.
Un aborigène complètement arraché te remercie du fond du coeur de venir visiter son pays et qui s’excuse d’être bourré.
Un jeune enfant chinois turbulent vient s’agripper à ta jambe au grand désespoir de sa maman visiblement surmenée.
Un groupe de jeunes se promène avec une enceinte pour diffuser leurs tubes préférés de Selena Gomez ou Justin Bieber.
Les coups de soleil des gens qui sont restés trop longtemps à lézarder me font pitié.
Les derniers selfies sur la plage sont réalisés pour ceux qui veulent absolument s’afficher sur la toile.

17h, place à la soirée.
Les boutiques ferment déjà..
Les promeneurs de chiens ressortent leur mascotte.
Les femmes s’habillent pour sortir dans des tenues que je trouverais même trop guindées pour un mariage.
L’odeur des pizzas au feu de bois et des currys qui sont servis le soir-même dans les restos du coin se répand dans la station.
Les filles trop jeunes portent trop de maquillage, des jupes trop courtes, des décolletés trop profonds.
Les femmes portent des talons trop hauts sur lesquels elles ne sont visiblement pas à l’aise.
Les surfeurs retournent encore et toujours à l’eau maintenant que leur journée de travail est finie.
Les groupes d’amis se retrouvent sur l’herbe pour passer la soirée ensemble à moindre frais.
Les loriquets arc-en-ciel se regroupent dans certains arbres bien spécifiques en poussant des cris stridents.
Le petit vent frais quasi systématique se lève mais qui ne semble pas refroidir ces demoiselles trop peu couvertes.
La peau tiraille avec le soleil et le sel reçu même en restant à l’ombre.
Les hôtels ne sont pas des hôtels mais des pubs.
Les bars reçoivent des musiciens pour faire un ptit live.

20h, c’est déjà la fin pour certains.
Les enfants sont au lit depuis 1 heure en général.
Les amateurs de photographie sont en place pour admirer le coucher de soleil.

Coucher de soleil à Manly Les australiens sortent de table après avoir mangé trop tôt.
Des hommes sont déjà saouls, des femmes aussi.
Des femmes ressortent des bars au bras de leur(s) conquête(s) du jour.
Les plus motivés poursuivent dans d’autres bars de la station balnéaire.
Le maquillage des filles a complètement viré.
Le parfum fleuri a laissé place à des effluves d’alcool.
Des discussions tournent mal.
Des filles sont en pleurs de ne pas avoir vécu la soirée qu’elles espéraient.
Des taxidrivers vont ramener des gens bourrés là où ils ne se souviennent pas vivre.
Des policiers rôdent dans les parages pour maîtriser tout éventuel débordement.
De nouveaux crissements de pneus prouvent que les jeunes n’ont aucune idée du prix des pneus.
Mais le tout se déroule dans une atmosphère douce et relax…

23h, retour dans mon quartier.
Le chauffeur de bus me prononce un dernier « hey mate ».
Le bus est plein de gens fatigués, émerveillés, amoureux…
Les chauve-souris virevoltent entre les arbres.
Les opossums jouent aux équilibristes sur les fils électriques.
Les araignées énormes sortent de leur cachette pour venir m’effrayer avant mon sommeil.
Le silence de la nuit n’est pas si silencieux avec toutes ces bestioles qui rôdent autour.

Puis mon ordinateur m’attend pour que je mette par écrit tout ce que j’ai vu, senti, entendu, touché, goûté…
parce que chaque jour de découverte est un jour de véritable stimulation sensorielle dont je veux me souvenir,
et qui contribue à l’inspiration dont j’ai besoin pour travailler sur mes divers livres en cours 🙂

***

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6 réflexions sur “Australie : 24h par chez moi

  1. Quelle journée, je suis épuisée après avoir vu toutes ces personnes s’agitant autour de toi !
    Et les fleurs de frangipanier, dommage qu’il n’y ait pas l’odeur.
    Bises et bonne(s) écriture(s).

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    • Ça grouille dans tous les sens à longueur de temps par ici 😉 Si je pouvais agrémenter mes articles d’un parfum, crois moi que ce serait toujours de celui du frangipanier ! 🙂
      Beijos

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