Voyage au monde des bisounours

Il y a un an, je me réveillais et commençais tout juste ma journée du 14 novembre 2015. Toujours joyeuse le matin, pleine d’optimisme, limite utopiste, j’étais loin de me douter que quelques minutes plus tard, mon monde de bisounours allait s’effondrer, encore.

Comme tous les matins, je n’ai pas tardé à consulter mon téléphone, pour les mails, mes réseaux sociaux, etc. Rapidement, j’ai vu une succession de messages inquiétants sur mon fil Facebook, sans savoir ce à quoi ils faisaient référence. Puis ma mère ainsi que des amis de France m’ont envoyé des messages privés m’expliquant succinctement l’horreur qui venait de se dérouler à Paris. J’ai regardé divers sites d’infos… j’ai vu la TV… j’ai entendu la radio. Tout le monde ne parlait plus que de ça. Ma France touchée en plein coeur… J’ai bien cru que je ne m’étais pas encore véritablement réveillée en fait ! Si seulement…

À Paris

À Paris

Je suis une grande anxieuse de nature. Je stresse pour tout, tout le temps, et souvent même pour ce qui ne me concerne pas ! Je n’aime pas la violence, la colère, parce que ça me fait encore plus stresser… Un simple haussement de ton me fait trembler (ouais, je sais, je suis plutôt mal barrée dans ce monde). Autant te dire que les journaux télévisés et tout autre support d’information ont toujours été un supplice pour moi ! Ce jour-là, ce samedi 14 novembre 2015 (vendredi 13 pour la France), la nouvelle du drame qui venait de toucher Paris m’a vraiment secouée. Pourtant, je ne porte pas particulièrement Paris dans mon coeur, et je n’ai nullement l’intention de revenir vivre en France non plus (sauf cas de force majeure) – sans détester ni l’une ni l’autre hein, entendons nous bien. J’habite à des milliers de kilomètres de là, je devrais m’en foutre, m’a-t-on dit… Oui bah non. Quand bien même je ne compte pas revenir m’installer en France, ça reste mon pays, et je ne fais pas partie de ces expatriés qui, sous prétexte qu’ils sont partis ailleurs, dénigrent totalement leur pays d’origine (faut pas oublier que c’est parce qu’on est nés et qu’on a grandi en France qu’on peut se permettre de faire ce qu’on fait aujourd’hui…) Dans la mesure où ça touche ma patrie, ça me touche forcément… et du fait de la distance (qui fait qu’on a les informations fournies par les médias qui amplifient tout) et de mon côté super anxieux, ça m’a touchée puissance 1000. Ça m’a touchée à un point qui m’a fait prendre conscience d’une chose que j’aurais dû réaliser bien plus tôt : les médias me pourrissent la vie. (bon ok, c’est un peu exagéré, car ce n’est pas le cas de tous les médias).

C’était une évidence. Je ne dis pas que ce sont les médias qui sont responsables de mon côté anxieux. Ça, c’est ma nature à moi. Mais lire les infos amplifie ça chez moi par rapport à divers sujets, et surtout, les médias dépeignent un bien sombre tableau de notre monde si on ne se fie qu’à ce qui se dit par leur biais…
Franchement, comment ne pas avoir peur d’aller faire un jogging toute seule quand tu vois tous les tragiques faits divers qui sont relatés à ce sujet ? Comment ne pas aller au Brésil avec la peur au ventre quand tu vois l’effrayant portrait qui en est dressé ? Comment ne pas avoir peur qu’une bombe te pète à la gueule alors que tu vas juste te promener en Corse ou je ne sais où ? Comment ne pas regarder avec insistance une femme qui choisit de porter la burqa quand les médias ne parlent que de ça, alors que ça ne te pose normalement aucun problème à toi ?
Ouais, les médias font flipper, ils te font voir le monde au travers du regard de ceux qui les dirigent, mais surtout, en rabâchant toujours la même chose, ils … Même si c’est important d’être un minimum au courant de ce qu’il se passe dans le monde, je crois qu’un simple aperçu des titres suffit à savoir. Tu peux même passer plusieurs mois sans regarder les infos et recommencer à les regarder, tu n’auras franchement pas l’impression de rater grand chose (un peu comme « Les Feux de l’Amour »). Le reste, il suffit de se rendre soi-même à tel ou tel endroit pour se rendre compte de ce qu’il s’y passe (faut-il encore lever le nez de son smartphone).

Le Brésil, j'y suis allée avec la peur au ventre, et j'y ai pourtant laissé mon coeur

Le Brésil, j’y suis allée avec la peur au ventre, et j’y ai pourtant laissé mon coeur

L’an dernier, j’ai donc pris la décision de ne plus regarder les infos. Je m’y suis tenue, et me suis rendu compte que ma vision du monde changeait. Je me sentais plus apaisée par rapport à diverses choses, peut-être à outrance ; je vivais dans un monde comparable à celui des bisounours, où tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil.
J’ai craqué il y a quelques mois suite à un titre d’article en anglais qui m’a interpelée… Il s’agissait d’un journal en ligne australien, qui parlait de la menace terroriste à Sydney. Apparemment, un appel au massacre des australiens avait été lancé… J’ai lu l’article, et je n’ai plus rien fait de ma soirée. J’ai angoissé et j’en ai fait des cauchemars, j’avais peur de tout comportement suspect le lendemain (et Dieu sait que des gens au comportement chelou, il y en a un tas en Australie… vive l’alcool !). Bref, j’ai cessé de nouveau les médias et je ne m’en porte pas plus mal, sans être inculte pour autant (oui oui, je suis au courant que Trump a pris le pouvoir aux States par exemple…).

Sûrement qu’à terme, j’aurai une vision un peu trop rose du monde, mais je préfère rester dans mon monde de bisounours que de me laisser entraîner dans la morosité et le climat de terreur, de haine et de méfiance entretenus par une grande majorité de nos médias… Et puis ça me fait une autre raison de voyager toujours plus, pour aller voir le monde de mes propres yeux !

Et toi, quel est ton regard sur les médias ? Suis-tu beaucoup l’actualité ? Par quels biais ?

***

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8 réflexions sur “Voyage au monde des bisounours

  1. Je comprends bien ton besoin de te couper des médias! C’est vrai que les « grands medias » cherchent plus à provoquer des émotions qu’à informer. Il existe pourtant quelques médias (presse écrite et indépendants sur le Net) qui proposent des articles de fond. Je les lis parfois. Sinon, je suis des sites et médias qui ne parlent que des bonnes nouvelles, des belles initiatives (oui oui, ça existe !!) Chaque matin, je fais ma petite cure de « bon » et de « beau » ! Les récits et photos de voyage font partie du rituel ! LA réalité n’existe pas en fait. C’est une construction ! Alors pourquoi ne pas vivre dans le monde des Bisounours ?!

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  2. Cela va faire 4 ans que j’ai commencé le voyage, et dans un sens tu as suivi la voie que chaque âme de voyageur entreprend. Sélectionner son média, prendre du recul sur les autres.
    Les medias sont une sorte d’information subjectives forcées, alors que l’on apprend par nos voyages et nos experiences à ouvrir notre vision du monde de manière plus objective.
    Profites de la vie comme elle vient, comment tu l’expérimente chaque jours. Prend d’elle ses connaissances et tout simplement VIS. 😉

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  3. Je suis comme toi, je regarde très peu les infos depuis quelques temps et je m’en porte beaucoup mieux ! Je ne suis pas de nature anxieuse ou stressée, mais à force de toujours entendre la même chose, on devient parano (enfin, pas moi, mais tu vois ça m’agace d’entendre des gens dire « Paris c’est dangereux », « moi je ne vais pas me balader seule parce que je vais me faire enlever », « je ne prends plus le métro parce que je vais me faire agresser »…) ; je ne dis pas que ça n’arrivera jamais, bien sûr, mais faut pas exagérer non plus …

    Ma seule exception c’est de regarder de temps en temps les hommes politiques (surtout qu’on est en pleine campagne) : j’adore me moquer d’eux (bouuuuh pas bien ahaha !)

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    • Oui voilà, faut pas tomber dans la paranoia, et c’est vrai que c’est parfois difficile quand on vit au travers des médias !
      Tu vas être servie côté politique avec l’arrivée des présidentielles en France !! 😀

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  4. Complètement d’accord 🙂 Je ne regarde plus les infos depuis bien longtemps… déjà je n’ai plus de télé et je n’achète jamais de journaux « généraux ». Donc je lis des articles sur Internet lorsque le sujet m’intéresse ou quand je fais une recherche précise et c’est tout. Pour moi c’était une perte de temps en plus d’être anxiogène. Les informations sont sélectionnées, faites pour faire peur et maintenir les gens dans la peur. Donc je n’en vois vraiment pas l’intérêt !

    Et moi aussi j’étais à l’autre bout de la terre quand c’est arrivé (en Indonésie…), sauf que pour le coup c’était vraiment en bas de mon chez moi… donc là oui j’ai regardé les infos. Mais c’était un cas d’urgence.

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