Expatriation en série : t’en as pas marre ?

Maintenant que nous venons de battre notre record de résidence dans un même pays étranger ici en Australie, les gens se demandent si nous n’avons finalement pas élu domicile définitif ici. Ceux qui me connaissent savent que c’est difficilement possible… et attendent la prochaine étape, peut-être même plus que moi encore ! Ceux qui me connaissent un peu moins, ou qui ne comprennent pas forcément mon mode de vie, se demandent comment je fais, comment je ne me lasse pas de tant de remue-ménage régulier, et se demandent du coup comment je peux encore être en train de parler de nos futures expatriations après les 4 déménagements internationaux que nous venons d’enchaîner. La vérité, c’est que j’aime ce changement perpétuel, avec tout ce que ça comporte !! Mais au-delà de ça, déménager de bout du monde en bout du monde, c’est surtout pas aussi compliqué que ce que tu as l’air de croire !

Serra da Cantareira – São Paulo (Brésil – 2012)

La plus grande difficulté : le premier pas

Au final, le plus dur dans l’expatriation, et à plus juste titre dans la multi expatriation, c’est la première fois. C’est accepter de quitter une zone de confort pour l’inconnu. C’est accepter le changement, accepter de devenir l’étranger, celui qui doit redoubler d’efforts pour s’intégrer quand tout était simple « avant ». C’est se confronter à des barrières administratives complexifiées par la barrière culturelle et linguistique (nan parce que batailler avec l’administration française, c’est une chose, mais le faire dans un pays qui n’est pas le tien et dans une autre langue, c’est quand même un autre niveau.) C’est accepter de devoir se séparer de choses matérielles, même quand elles ont une valeur sentimentale, parfois. C’est accepter de dire au revoir et de se lancer.
Mais une fois que tu l’as fait une fois, tu es capable de le refaire encore et encore, parce que dis toi bien une chose : ce sera à chaque fois la même chose. À chaque fois, plus ou moins les mêmes démarches, les mêmes difficultés, les mêmes documents demandés. À chaque fois, le remue-ménage de l’achat-revente. À chaque fois, des au revoir, et même si ce n’est pas à ta famille que tu dis au revoir, c’est tout aussi difficile. À chaque fois, recommencer.
Donc tu transfères ce que tu as fait une première fois pour le faire ailleurs, encore et encore. Et ça finit par faire partie de la « normalité ». De TA normalité. Tout quitter pour tout reconstruire.

Notre logement au Portugal – Torres Vedras (Portugal – 2013)

L’euphorie de la nouveauté

Au final, toutes ces choses associées à une nouvelle installation, ça devient quelque chose d’euphorisant. C’est motivant, parce que ça signifie nouveauté.
Une nouvelle culture à laquelle il va te falloir t’accoutumer, et qui n’aura (presque) plus de secrets pour toi dans quelques mois…
Un nouvel environnement à explorer, dans lequel tu auras bientôt tes nouveaux QG, tes nouvelles habitudes…
Un nouveau coin du monde, parfois, dans lequel tu as tant à découvrir sur place et aux alentours. Une histoire, une faune, une flore, des paysages…
Une nouvelle langue aussi, si différente au début, si familière ensuite. Quand bien même on parle la même langue que la tienne dans ce pays, l’accent et le vocabulaire sont souvent différents (oui, tu peux séparer français canadien et français de France sur ton CV, je t’assure!).
Bref, un énorme terrain de jeu dans lequel il n’y a pas de place pour la routine avant un bon moment. Et avant même que tu aies la sensation de commencer à tourner en rond, tu seras déjà parti(e) explorer de nouvelles contrées.
Au bout de combien de temps ? Tout dépend des pays, et du stade auquel tu en es dans ta vie, mais personnellement, je trouve qu’un an, c’est trop court, et 4 ans c’est trop long. Au bout d’un an, tu commences tout juste à t’amuser, tu es débarrassé(e) d’une partie des difficultés administratives, tu viens de construire des habitudes, un entourage, tu commences à être bien à l’aise dans la langue. Et 4 ans, tu as fait le tour. Tu me diras, on n’a jamais fait le tour de quoi que ce soit. Ok, oui, peut-être. Mais quand tu as été piqué par le virus de la bougeotte, tu auras ce besoin irrémédiable d’aller voir ailleurs dès que tu auras la sensation de « maîtriser le sujet », et ça viendra avant 4 ans !

Quand tout est objet de découverte… même un palmier !

La contrepartie : tout reconstruire

Eh oui, rien n’est jamais 100% rose, et le gros point noir de ce joli tableau, c’est le fait de quitter ce petit cocon qu’on s’est constitué dans notre dernier pays d’expatriation. Je ne parle pas de cocon matériel hein ; celui-ci, une fois que tu as fait la démarche de le quitter une première fois, c’est acquis et ça fait ni chaud ni froid que d’avoir à s’en séparer (cela doit dépendre beaucoup des personnalités, à vrai dire). Mais je parle de ce cocon affectif… À chaque nouvel endroit où on va, on tisse toujours plus de liens, toujours plus rapidement, toujours plus intenses… Et c’est ainsi qu’on se crée une sorte de petite famille, souvent constituée d’autres expatriés, dont une bonne partie originaire du même pays que toi. Le fait de passer par les mêmes choses rapproche considérablement… Et c’est avec eux que tu vas passer tes anniversaires, tes Noël, tes moments forts de ce quotidien ailleurs. Et cette famille-là non plus, tu ne l’emmènes pas avec toi quand encore une fois tu changes d’endroit. De plus, même si dans ton coeur et ton esprit ces relations sont tellement fortes que tu ne peux envisager un avenir autre qu’une amitié éternelle, tu n’en sais rien au final. Ce n’est qu’avec le temps et la multiplication de ce genre d’expériences que tu sauras ce que ça devient effectivement. J’en parle d’ailleurs ici.

Amitiés d’expatriés – Florianópolis (Brésil – 2013)

L’autre truc, c’est que mine de rien, ça coûte cher, ce mode de vie. Quoi, tu croyais qu’on avait gagné au loto ou qu’on avait des salaires de fou ?? Je vais briser le mythe : absolument pas ! Sauf dans le cas où tu es à chaque fois envoyé par une entreprise qui prend alors en charge tout – ou du moins une grosse partie – de ton déménagement international, il faut bien financer ces gros déplacements, ces démarches (les visas ne sont pas forcément gratuits, et même plutôt coûteux parfois!), ton ameublement, etc. Et c’est pas gratuit, même si tu deviens le pro des bonnes affaires dans ce cas-là (regarde comment on s’est meublé pour que dalle en Australie).
Mais si on n’a pas gagné au loto et qu’on n’a pas des salaires de PDG, comment se permet-on cette multiplication d’expatriations ? Ce sera l’objet d’un autre article dans lequel je te livrerai nos petits secrets 🙂

En conclusion, et pour répondre à la question du titre : NON je n’en ai pas marre, et Alban non plus d’ailleurs (heureusement). Plein d’autres projets du genre sont à venir, mais sois rassuré(e), nous sommes ici encore pendant au moins 2 ans, donc ça te laisse du temps pour nous rendre visite ! 😊

***

Suis-moi sur Instagram et Facebook !

Donne ton opinion !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.