Singapour, l’Asie multiculturelle et aseptisée

Singapour, c’est ce genre d’endroits que j’avais presque l’impression de connaître avant d’y aller tant j’ai vu circuler d’articles à son sujet. Puis, est arrivé le moment où j’y suis allée, et où j’ai pu constater que mon ressenti était bien incomplet, assez souvent résumé à ce qui se dégage du mythique quartier du Marina Bay Sands (cet hôtel gigantesque dont le sommet n’est autre qu’un navire…) au travers des récits de voyageurs. Mais Singapour, aussi petite soit-elle, ne se résume bien évidemment pas qu’à ça, et c’est justement ce que je suis allée voir :-). Aussi, comme à mon habitude, et avant de rentrer dans le détail de ce qu’on a vu / fait, je vais te livrer mes impressions sur Singapour, ce lieu atypique.

Quelques généralités sur Singapour

Singapour est une cité-État, c’est-à-dire que la ville de Singapour forme à elle toute seule un pays. Sa superficie d’un peu plus de 700km2 (soit environ 48km sur 15km!!) permet d’en faire le tour assez rapidement. Mais placé où c’est, l’accès à tout plein d’endroits d’Asie est facilité, à commencer par la Malaisie (de laquelle Singapour est une ancienne colonie) et l’Indonésie, qui sont ses plus proches voisins. Les Philippines, la Thaïlande, Brunéi et bien d’autres sont  également accessibles de là, que ce soit géographiquement parlant ou financièrement, Singapour étant un gros carrefour aéroportuaire desservi par de nombreuses compagnies low cost de ce coin du monde. Donc même si Singapour est minuscule, il y a plein de choses que tu peux facilement voir aux alentours.

Du fait de sa toute petite surface et de son économie montante, attirant de nombreux investissements étrangers et donc des expatriés des 4 coins du monde, la densité de population est une des plus hautes du monde, avec environ 7 700 habitants au km2 . Tu imagines un peu ?? Ça en fait un paquet de personnes !! Mais bizarrement, on ne l’a pas ressenti… Moi qui déteste la foule, à aucun moment je ne me suis sentie oppressée par un quelconque excès de monde. J’avais de l’espace autour de moi, partout où j’allais (bon, il semblerait que certains quartiers soient à éviter le dimanche quand on n’aime pas la foule!).

Côté météo, on est sur du climat équatorial = chaud et humide, et c’est constant toute l’année, avec 24 le matin et 32 l’après-midi . Pas vraiment utile de regarder la météo, car il n’y a pas tellement de surprise ce côté-là du coup ! Sur les 5 jours que nous avons passés sur place, nous avons eu exactement le même temps tout le temps, une alternance entre ciel nuageux avec éclaircies, ciel voilé, et ciel orageux, le tout sous un air très chaud et chargé en humidité. C’est le genre de lieux où tu dégoulines à ne rien faire… Mais heureusement, il y a de la climatisation à peu près partout (pas très écolo tout ça!), et globalement bien réglée ; c’est bien appréciable ! Mieux vaut avoir un pull pour se couvrir, car les clims trop froides, il y en a quand même, et ça peut vite devenir désagréable si on n’a rien prévu.

Singapour, un carrefour culturel

De par son histoire et sa localisation, Singapour est aujourd’hui une ville présentant une grande mixité culturelle, ethnique et religieuse, si bien que lorsque tu explores la ville sur quelques jours, tu as l’impression de visiter différents coins du monde en un seul petit territoire. En effet, les ethnies sont assez variées : tu vas aussi bien croiser des chinois (la majorité ethnique du pays), que des japonais, des malais, des thaïlandais, des philippins, des caucasiens, des indiens… Certaines communautés ont carrément leur quartier – les chinois à Chinatown (mais genre, un vrai Chinatown, là où t’as l’impression d’être en Chine), les Indiens à Little India, les Arabes à Arab Street et alentours, pour ne parler que de ceux que j’ai parcourus. De quoi vivre un dépaysement dans le dépaysement !!

Quartier arabe

Aujourd’hui, les langues officielles à Singapour sont multiples : l’anglais*, le malais, le tamoul et le mandarin. À cela s’ajoutent toutes les autres langues couramment parlées sur place, comme le cantonais, et même le français qu’on entend à tous les coins de rue.
(* je te renvoie à mon article sur les techniques pour apprendre l’anglais ; c’est utile pour le monde entier !)

Et en termes de religions, on se retrouve aussi avec un gros mélange, les prédominantes étant l’islam, le christianisme, le bouddhisme, et l’hindouisme. Par conséquent, le sol singapourien est jonché d’édifices religieux correspondants à ces différents cultes. C’en est vraiment original, et c’est plaisant de voir que les religions différentes sont tout à fait capables de cohabiter dans le plus grand respect de chacune d’entre elles…

Singapour, une Asie bien rangée

Difficile de ne pas remarquer à quel point la ville est propre de manière générale. Certaines odeurs pourtant pas très agéables stagnent parfois dans les rues où se tiennent des marchés où sont vendus les fruits les plus infâmes de la planète : les durians. D’ailleurs, ils puent tellement qu’ils sont interdits dans le metro… Le goût est moins pire que l’odeur, mais faut être sacrément enrhumé pour oser goûter sans être rebuté par l’odeur. Enfin bon, du coup, ce n’est pas un signe de saleté même s’ils puent la mort… Et les singapouriens en raffolent. Bref, en dehors de ça, c’est tout clean partout, dans la rue, dans le metro, dans les centres commerciaux… même les WC publics (gros contraste avec la Chine où j’avais préféré me retenir bon nombre de fois!). Certains diront que c’est sûrement un peu trop aseptisé ; je n’ai personnellement pas trouvé cela exagéré, peut-être parce que l’Australie est plutôt très propre aussi. Mais j’imagine bien que quand tu arrives d’autres pays d’Asie pour découvrir Singapour, ça peut surprendre !

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Outre la propreté, un certain ordre se dégage de cette ville. Les amendes sont très sévères pour tout non respect des règles, et les gens n’hésitent pas à dénoncer s’ils te surprennent à ne pas respecter ceci ou cela. Pas de bagarre, pas de disputes, pas de mouvement de foule, ça file droit. Tu ne seras pas surpris si je te dis que les seuls qu’on entend râler, perdre patience, et transgresser les règles, ce sont les français :-p

De cet ordre découle un sentiment de sécurité. Il y a des caméras partout, tout le monde semble savoir se comporter on ne peut mieux ; se balader seule la nuit quand on est une fille ne fait pas du tout flipper, laisser son smartphone seul sur une table pour « réserver » la table semble aussi monnaie courante. Pour autant, étant donné qu’on a quand même réussi à se faire voler la paire de tongs toute neuve d’Alban alors que nous visitions un temple hindouiste, je ne tenterais pas le coup du smartphone moi, hein !

Singapour, du très cher, et du pas cher du tout

Je ne sais pas toi, mais perso, avant d’aller à Singapour, j’avais un peu cette image de ville très friquée où tout coute excessivement cher. Et c’est encore ce qui est ressorti quand je suis arrivée sur place. Toutefois, en explorant la ville, j’ai pu voir que certaines choses étaient certes très couteuses, et d’autres l’étaient un peu moins, voire très accessibles. Parmi les choses chères, il y a :

  • les sorties : se faire un vrai resto et boire un verre derrière – surtout s’il y a de l’alcool dans ton verre – ça coute un bras (au moins).
  • l’alcool : acheter de l’alcool en général, ça coute très très cher.
  • l’immobilier : au final, quand tu vas faire du tourisme, tu n’es pas tellement concerné(e) par ça, surtout si tu as la chance d’être hébergé(e) sur place. Mais quand tu entends parler des loyers payés sur place, t’as une petite sueur quand même 🙂
  • la santé coûte la peau du derrière également ; en fait, en dehors de la France, faut oublier les soins pas chers ! Bon, a priori, si tu vas faire du tourisme sur place, ce n’est pas pour faire du tourisme hospitalier, mais on ne sait jamais.

Et en ce qui concerne le pas cher, tu vas trouver :

  • les transports : que l’on parle du métro, du bus ou du taxi, c’est vraiment pas cher ! À titre d’exemple, le trajet entre l’aéroport et le centre-ville coute environ 20-25 dollars singapouriens (soit de 12 à 15 euros environ à la conversion actuelle).
  • les food courts : ce sont des places / rues entièrement dédiées à l’alimentation. Tu y trouves de nombreux petits kiosques où sont cuisinés des plats typiques devant toi, et tu peux ensuite prendre ton plateau et aller manger à n’importe quelle table de la place / rue. Bien souvent, ce n’est pas cher du tout, c’est-à-dire que pour moins de 5 dollars, tu peux te faire ton repas complet. Certains food courts, davantage touristiques que locaux, coutent un peu plus cher pour des prestations identiques. Je ne vais pas te dire de les fuir, mais bon, si tu peux payer moins cher pour manger pareil, pourquoi aller là où tu payes plus !! En tout cas, des options pour manger, tu en as à tous les coins de rue, que ce soit dans le cadre de food courts, de vrais restos, ou tout autre commerce d’alimentation. On ne crève pas de faim à Singapour 🙂

Comme un air de Brésil

Peut-être est-ce du à l’amour que je porte au pays de la samba, mais il semblerait que partout où je vais, je trouve par le plus grand des hasards (ou je recherche inconsciemment) des similitudes avec le Brésil. Singapour n’a pas échappé à la règle. La végétation, le climat du moment, et le type de logements classiques chez les expats, ça m’a grandement rappelé São Paulo. Ça n’est certainement pas pour me déplaire, mais ce retour en arrière et de l’autre côté du globe m’a fait tout bizarre. Ce voyage singapourien s’est avéré encore plus dépaysant que ce que j’aurais imaginé !

Exactement la même fleur que nous avons sur notre première photo au Brésil !

Singapour, la plateforme des expats d’Asie

Pour ceux qui veulent s’expatrier en Asie, Singapour représente un bon compromis. Du dépaysement, de l’exotisme, mais aussi du confort et de la facilité, du fait que tout le monde – ou presque – parle anglais, et que la ville semble être faite pour les expatriés, littéralement. En effet, du fait de la montée économique constante de cet État, les travailleurs étrangers n’ont cessé de venir, envoyés par leur entreprise de France (ou d’ailleurs!) pour contribuer au développement de la filiale locale ; beau tremplin professionnel ! Ça fait que concrètement, il y a pas mal d’expatriés des 4 coins du monde regroupés ici, c’est bien pratique pour retrouver une petite communauté d’entraide avec des personnes venant du même endroit que toi. Mais ça fait que beaucoup ne sont là qu’à des fins professionnelles aussi (pas tous!) ; concrètement, je pense que les purs aventuriers risquent de se sentir un peu mal à l’aise dans cette ambiance.

Conclusion

Comme à chaque fois que je vais quelque part, j’ai tendance à essayer de me projeter dans la vie locale, voir si j’arriverais à vivre sur place, comment je vivrais, etc. Il y a des endroits pour lesquels ça se fait tout naturellement (certains endroits d’Espagne, Nouvelle-Calédonie, Kuala Lumpur…) et d’autres où ce coup de coeur un peu particulier n’a pas lieu (la Chine!!!). Là, Singapour, je ne dirais pas que j’ai eu le coup de coeur, je me suis assez facilement projetée dans certains quartiers, mais j’ai pleinement conscience de ce qui me manquerait si je vivais sur place. Aussi, je pense que je pourrais poser mes valises un an (deux ans graaaaaaand max), le temps de vraiment m’imprégner de cette mixité culturelle, et surtout de visiter tout ce qu’il y a autour. Nous qui n’avons pas encore vécu en Asie, ce serait un pied à terre plutôt pas mal 🙂 À suivre…

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