Inde : impressions sur un autre monde

En allant en Inde, je savais à quoi je m’exposais sur un point : soit j’allais détester, soit j’allais adorer. En effet, ce pays fait partie de ceux qui ne laissent pas indifférent, desquels on ne peut repartir neutres, tout comme le Brésil. L’image que j’en avais, c’était un pays extrêmement pauvre, où le touriste blanc se fait alpaguer dès qu’il va dans la rue. Je craignais de vite suffoquer du fait d’une surpopulation omniprésente, moi qui déteste la foule. Je craignais de ne pas supporter la nourriture tant j’ai eu des retours concernant le fait que c’était trop épicé. Je craignais qu’en tant que femme « blanche » et « blonde », même accompagnée, je sois vite insupportée par des regards insistants… Qu’en est-il vraiment ? La réalité de ce que j’ai vécu sur place est-elle proche de l’image que je me faisais du pays ? Je te dis tout ici.

Mes impressions

La misère, la VRAIE

La misère, on en entend parler, on voit des reportages à la TV là-dessus, mais je doute qu’on se rende compte de ce que c’est tant qu’on ne la voit pas de ses propres yeux (ou pire, tant qu’on ne la vit pas!). De plus, la misère est souvent associée à de la tristesse…
Là, j’ai vu des gens qui vivent dans la rue, et feraient n’importe quoi pour un bout de pain, mais qui gardent le sourire, limite ils dégagent plus de joie de vivre que des personnes qui ont tout pour être heureux (ou qui ont tout ce que la société leur fait croire qu’il faut pour être heureux). D’ailleurs, j’ai été surprise de voir que beaucoup ne demandent rien à personne, ils vivent leur vie dans la rue, et semblent savoir se débrouiller…

Un aspect de misère qui m’a profondément choquée, parce que c’est celui auquel j’ai été particulièrement exposée, c’est la condition des enfants là-bas… Tu l’as peut-être vu sur mon Instagram et ma page Facebook, l’histoire de cette petite fille d’environ 3 mois abandonnée dans un sac fermé sur un tas de déchets quelques heures auparavant. J’ai été profondément émue de tenir cette petite fille dans mes bras en découvrant son histoire. J’ai été encore plus émue d’apprendre que c’est le lot de bien trop d’enfants en Inde… Plus que jamais, je suis reconnaissante envers mes parents de m’avoir offert l’enfance que j’ai eue. Ce n’était pas drôle tous les jours, mais j’avais ce qui est inestimable : des parents qui faisaient du mieux qu’ils pouvaient, et la sécurité d’un foyer.

Si tu as l’impression que j’ai pleuré, c’est normal

La foule

Sans le vouloir, nous avions organisé notre séjour pour que notre exposition à la foule soit croissante, nous laissant ainsi le temps de nous habituer (Cochin –> Pondicherry –> Calcutta). Et du coup, la foule a été bien plus supportable que ce que je craignais ! Puis j’ai trouvé cela moins envahissant que ce que j’aurais cru aussi ; à aucun moment j’ai eu l’impression d’être bousculée par exemple. Le Brésil pendant 2 ans a sûrement été une préparation utile ! Bref, la foule était donc loin d’être insupportable, mais je reconnais toutefois qu’on appréciait vraiment beaucoup les moments où on se posait dans des bars ou restos qui avaient une cour intérieure nous permettant d’être à l’écart de la cohue des rues. Le silence soudain faisait vraiment du bien.

Être blanc en Inde

Les reportages que j’avais vus et les récits que j’avais lus m’avaient tous laissé cette impression que si tu vas en Inde en tant que blanc, tu deviens soudainement le centre de toutes les attentions là-bas. Mouais, bah non ! Ou plutôt ce n’est pas mon expérience de la chose. Le seul « truc de blancs » auquel nous avons un peu lourdement été confrontés, c’est à Cochin, vis-à-vis des chauffeurs de tuktuk. En gros, ils ne négocient pas trop leurs propres tarifs de trajets, mais ils demandent aux touristes (surtout blancs) qu’ils transportent de passer quelques minutes dans des boutiques de souvenirs ; ils reçoivent alors une commission par le gouvernement, peu importe que le touriste ait acheté dans la boutique ou non. Enfin ça, c’est l’histoire qu’ils nous ont racontée, je suis pas sûre de la véracité du truc… Mais c’est probablement vrai car ils insistent vraiment, et sont même parfois prêts à te transporter gratuitement où tu veux à condition qu’au passage tu acceptes de t’arrêter dans ces boutiques en question. C’est un peu lourd, d’une part parce que les chauffeurs de tuktuk sont partout à Cochin et font tous ce petit cinéma, et d’autre part parce qu’une fois dans les boutiques, les bien trop nombreux vendeurs sont tous sur toi (à moins d’un mètre de toi) ne te laissant même pas le loisir d’apprécier ce que tu vois, et anéantissant alors toute envie d’acheter… Toutefois, ça peut valoir le coup de céder pour certains de ces chauffeurs. Dans notre cas, nous n’aurions pas découvert Cochin aussi bien sans l’aide de Baboo, notre chauffeur, qui nous a baladés dans tous les recoins de Cochin pendant 3h.

La nourriture

Je vais pas y aller par 4 chemins : oui, c’est épicé, même pour beaucoup de plats qui ne sont pas supposés l’être. Mais c’était tout à fait supportable. Toutefois, nous sommes tous 2 habitués à manger assez épicé, ça aide !
De plus, ayant eu pas mal de mises en garde concernant l’hygiène alimentaire, je craignais aussi un peu de ce côté-là, et finalement, tout s’est bien passé. J’ai juste suivi les recommandations, comme d’éviter les crudités (ou au moins la peau, mais j’ai carrément évité toute crudité !), les viandes peu ou pas cuites (je ne tente nulle part de toute façon, et j’ai carrément fait abstraction de toute viande pendant ces 2 semaines), et de ne pas prendre de glaçons ni d’eau autre qu’en bouteille (même quand elle est soi disant filtrée)…
En tout cas, j’ai ADORÉ tout ce que j’ai mangé, aussi bien sucré que salé (gros coup de coeur pour les pâtisseries indiennes – « mithais« ) ! De plus, j’ai vraiment apprécié d’être accompagnée de connaisseurs pour pouvoir m’expliquer ce que contient tel ou tel plat, bien que je sois persuadée que je n’aurais pas eu de mauvaise surprise en testant au hasard, vu que je ne suis pas difficile. Probable que je me mette à cuisiner davantage indien après ce séjour 🙂

Street snacks

L’hygiène

Venir ici en étant maniaque, ou incapable de mettre son côté maniaque pendant quelques temps, ça fait pas bon ménage. Ça marche pas, et ça va nuire à tout ce que tu pourrais apprécier autrement. Ce pays ne suit clairement pas les mêmes standards d’hygiène que nous ; pour autant, il faut réussir à passer outre pour ne pas retenir que ça… Ne focalise donc pas sur les tas de déchets dans les rues, suis les mesures simples d’hygiène (lavage de mains…) et profite de ton séjour !

L’Inde en tant que femme

Sujet apparemment délicat compte tenu des commentaires que j’ai reçus sur ma page Facebook à ce sujet… Mais encore une fois, ça s’est hyper bien passé pour moi (je n’ignore pas pour autant la condition de la femme là-bas hein… je dis juste que c’est pas parce qu’on voyage en tant que femme en Inde qu’on est en danger à tous les coins de rue !). Alors oui, les hommes m’ont regardée, beaucoup parfois. Mais pas plus que les femmes ou les enfants… ces regards étaient plus de la curiosité devant ma couleur de cheveux et de peau qu’autre chose. Toutefois, il me semble normal de respecter certains codes vestimentaires pour éviter de choquer… j’ai beau m’habiller en short et débardeur décolleté toute l’année en Australie, là j’ai opté pour des pantalons ou jupes longues, et des hauts non décolletés. La plupart du temps j’avais les épaules cachées aussi.

La communication

L’anglais est parlé dans beaucoup d’endroits en Inde, mais avec un sacré accent. Il ne me pose pas de souci mais je reconnais qu’il faut s’y habituer. En revanche, ce qui est troublant et crée parfois des blocages, c’est le langage corporel… Les signes de tête des indiens, faut quand même s’y faire hein… Parfois, j’ai eu l’impression qu’on me disait non à quelque chose, et en fait on me disait oui. Bref, je te conseille de regarder quelques petits tutos Youtube sur le sujet si tu as l’intention d’aller en Inde, ça aide !
Nous avions un petit (gros!) avantage : à part les premiers jours, nous avons autrement toujours été accompagnés de locaux et/ou de personnes parlant le Hindi.

Mais aussi…

Les saris

Le sari n’est pas uniquement porté pour se déguiser lors d’une soirée à thème hein : la majorité des femmes que j’ai vues, surtout dans le sud du pays, en portent au quotidien. Et vu qu’ils sont tous plus colorés les uns que les autres, c’est vraiment joli à voir !

Des saris colorés, en veux-tu en voilà

La circulation

Au secours ! Je savais que ce serait le bordel, mais je ne m’attendais pas que ce le soit à ce point ! Je suis surprise de ne pas avoir vu plus d’accidents que ça compte tenu de comment les gens conduisent. Les lignes au sol ne sont d’aucune utilité, si ce n’est que ça a donné du boulot à quelques personnes de les faire. Les rétroviseurs ne sont d’aucune utilité non plus, personne ne s’en sert ; d’ailleurs, beaucoup de véhicules n’en sont même pas équipés. À la place, les gens utilisent… le klaxon ! Purée, celui-ci, il est présent partout, et utilisé pour absolument tout : dire coucou, pousser les gens à avancer, dire aux gens de s’arrêter, prévenir que tu vas doubler, prévenir que tu es en train de doubler, prévenir que tu as doublé, prévenir que tu as compris que tu allais te faire doubler… Autant te dire que ça klaxonne dans tous les sens sans arrêt. Ça, oui, c’est fatigant !

Le climat

Vu qu’on est passé de la côte sud-ouest, à la côte sud-est, jusqu’au nord-est du pays, on a eu 3 types de climats différents ! De très chaud à froid humide en passant par du doux. Du coup, si tu voyages en Inde, regarde bien le climat de chaque endroit où tu comptes aller, ça va conditionner la composition de ta valise où tu pourras très bien faire cohabiter tenues d’hiver et tenues d’été !

Le seul à nager est blanc (c’est Alban) et attire les regards curieux

Conclusion

En comparaison avec les a priori que j’avais sur le pays, je dirais que l’Inde a été beaucoup plus « facile » à vivre que ce que je pensais. Attention, pas de méprise, je ne dis pas que la vie est facile en Inde hein. Je dis juste que, contrairement à ce que certaines lectures m’avaient fait craindre, je ne repars pas traumatisée de ce pays !
Toutefois, mon avis est probablement biaisé par deux aspects :
– j’ai été intensivement préparée par une amie qui connait de très près l’Inde, du fait d’être mariée à un indien et aller sur place plusieurs fois par an depuis fort longtemps, amie qui était d’ailleurs avec nous pendant les 2/3 de ce séjour ;
– je n’ai vu qu’une infime partie de cet énorme pays, et je sais que je ne peux pas généraliser ce que j’ai vu et vécu à tout le pays. J’ai conscience qu’il y a sans aucun doute des endroits où je me serais sentie moins à mon aise, ou où les conditions de vie sont telles qu’elles m’auraient dégoûtée, etc.
En tout cas, basé sur ce que j’ai vu et vécu, j’ai adoré ce premier contact avec l’Inde. Beaucoup d’aspects m’ont rappelé le Brésil, d’ailleurs. C’est le genre de voyages qui ouvre les yeux sur bien des choses, qui fait prendre conscience de sa chance, et qui fait grandir. Nous y avons fait de belles rencontres, toutes marquantes à leur façon (voir un prochain article sur Kolkata notamment). Si je devais associer un seul mot à l’Inde, je dirais INTENSE, et je comprends mieux pourquoi tout comme le Brésil, on dit que l’Inde ne laisse pas indifférent !

Ravis de notre séjour

Notre tour

Nous sommes restés quasiment 2 semaines en Inde, avec la répartition suivante (tu trouveras le détail de chaque endroit dans les articles correspondants – publications à venir). Compte tenu de la durée de notre séjour et des distances séparant toutes ces villes (sauf Mahabalipuram et Pondicherry), nous avons voyagé en avion.

  • 4 jours à Cochin
  • 1 jour à Mahabalipuram
  • 4 jours à Pondicherry
  • 4 jours à Calcutta

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