De bimbo à baroudeuse : comment le voyage m’a transformée

Globe-trotteuse, aventurière (en carton mais aventurière quand-même), je l’ai sans aucun doute toujours été au plus profond de moi. Mais ça n’a vraiment pas toujours été écrit sur mon front, mais alors vraiment pas du tout ! Je suis la première à en rire, et je te propose d’en faire autant en découvrant cet article 🙂

Moi avant

L’enfermement

Comme mentionné récemment sur mon compte Instagram, adolescence a pour moi rimé avec maladie. J’ai en effet souffert d’anorexie pendant une bonne dizaine d’années, grossomodo de mes 12 à mes 22 ans… Alors non, je ne vais pas te faire ici un article témoignage de ce à quoi ont ressemblé ces longues années, mais je suis « obligée » de faire allusion à cette période de ma vie car elle explique tout le reste, et notamment comment on peut en arriver à se balader en talons aiguilles sur des rochers (non, je ne blague pas!).

En effet, à l’heure où tous ceux de mon âge vivaient une adolescence normale, où les premières expériences en tous genres étaient au rdv, moi je vivais recluse. Je m’isolais du reste du monde, d’une part parce que les TOCs qui s’étaient greffés sur l’anorexie rendaient impossible pour moi la gestion d’une vie sociale en plus de mes histoires de comptage de calories, de pesée, et de sport. Mais aussi, à force d’initialement refuser les quelques invitations que je recevais pour faire des choses normales de mon âge, on a fini par cesser de m’inviter. Je ne vivais plus que pour mon poids, la bouffe, et réussir dans les études… Sympa hein !

J’étais devenue invisible pour certains, une mort-vivante effrayante pour d’autres… Les regards que l’on posait sur moi n’étaient pas des plus agréables, et ce devait être encore pire pour ma mère à qui les autres parents lançaient des regards accusateurs, comme si tout était sa faute, comme si elle ne faisait rien pour m’aider… Idem pour mon petit frère qui en a beaucoup souffert.

Seule photo de cette époque en ma possession, et même pas au pire de la maladie

La renaissance

Puis un jour, j’ai guéri. Bon, en réalité, ça n’a pas été aussi rapide que ce propos peut laisser penser, tu t’en doutes bien. En quelques mois, j’ai repris une apparence à peu près normale, et surtout, un comportement alimentaire normal (il restait quelques trucs, mais rien d’ingérable). Au fur et à mesure que je me remplumais, je notais que le regard des gens (hommes !) sur moi changeait. On ne me regardait non plus par peur ou pitié, mais par attirance. Je savais que je ne pouvais pas me fier à mon propre jugement face à ce que je voyais dans le miroir, donc mon miroir était devenu le regard des autres… Voyant que celui-ci était plutôt positif, et n’ayant jamais connu ça avant, j’ai eu comme un effet rebond, et j’en ai donc joué. Je ne m’habillais pas de la façon la plus discrète qui soit. Talons très hauts (habitude que j’avais prise déjà pendant que j’étais malade, d’une part parce que les talons hauts donnent une allure plus élancée, mais surtout parce que la position dans laquelle ça obligeait à se tenir faisait consommer plus de calories…. ouais, ça allait jusque là !), vêtements moulants, colorés, peu couvrants (même en hiver, parce que les hormones ne comprenant rien à la reprise de poids, j’avais tout le temps chaud !!)… Et j’étais très blonde (décolorée) à un moment, très bronzée, je me maquillais beaucoup, je parlais fort, je sortais tous les soirs, j’étais une adepte des salles de muscu... Un combo qui faisait visiblement mauvais genre… Alors certes, je n’aime pas quand quelqu’un est catalogué dans telle ou telle case du fait de son apparence physique, mais là, je ne peux pas en vouloir à ceux qui, en me voyant à l’époque, se sont dit « quelle pouf, celle-là! »… (et je remercie ceux qui ont creusé plus loin à l’époque, et avec qui je suis du coup toujours en contact!).

Mission réussie, j’attirais bien les regards, et pas que les plus glorieux ! Le pire, c’est que de la même façon que je ne me voyais pas maigre quand j’étais malade, je ne voyais pas le problème avec ma nouvelle apparence. Ce n’est qu’avec de nombreuses années de recul que j’ai su analyser ça…

La transition

2008. Alors que je commençais enfin à me rendre compte que ce nouveau moi ne menait nulle part, et souffrant au final de ce que renvoyait mon image, je décidai de rester seule un moment, d’éviter les sorties, les mecs, tout ça, et de privilégier les copines, les études, la famille… J’étais même rentrée dans une sorte de révolution anti-mecs… Je n’avais toutefois pas encore « remédié » à tous les aspects de mon style, bien que j’avais déjà diminué le port de décolletés un peu too much et retrouvé une couleur de cheveux plus naturelle.

Puis je suis tombée sur Lui, celui qui deviendra plus tard mon mari. Lui était plutôt style skateur, cool, simple. Il a – heureusement – su voir au-delà de mon apparence, et probablement senti que le changement était possible (nécessaire, devrais-je dire) ! Il habitait en Bretagne. Il m’y a fait découvrir de bien jolis coins…. en talons !! Beh oui, je n’avais pas une seule paire de chaussures plates, hormis mes chaussures de sport, qu’il était HORS DE QUESTION que je porte en dehors de la salle de sport, voyons. Donc la première fois qu’il m’a emmenée sur les plages rocailleuses de la côte sauvage, j’étais en talons. Ouais, j’étais cette pimbêche qui pignait parce que son talon se bloquait dans les rochers (aujourd’hui je suis celle qui éclate de rire quand elle voit une situation similaire!)… Heureusement pour moi, ça ne l’a pas rebuté !

2010, on part en voyage en Egypte dans l’attente que mon visa pour notre première expatriation au Brésil soit délivré. C’était une croisière sur le Nil avec des arrêts pour visiter les différentes villes sur la rive. Autrement dit, de la marche nous attendait… Habituée à galoper avec mes talons, je ne voyais pas le problème que de mettre ceux-ci dans ma valise et d’envisager faire les visites comme ça ! Là, monsieur a dit stop, et on est allé dévaliser Decathlon. Outre de vraies chaussures, il me fallait aussi des tenues adéquates pour visiter ce pays… De plus, ça allait me servir pour les vadrouilles que nous ferions quand nous irions au Brésil quelques mois plus tard (au final, j’ai porté ces chaussures lors de quasi tous mes voyages et randos pendant presque 10 ans!).

Mes premières heures en chaussures plates en public…. J’assume pas encore pleinement vu ma tête !

Le nouveau moi, le vrai moi

Depuis, je me suis petit à petit détendue par rapport à tout ça, et j’ai vécu naturellement une sorte de métamorphose.

Déjà, le fait d’être en couple avec quelqu’un qui m’appréciait pour qui j’étais et surtout pas pour mon apparence physique, ça m’a forcément fait me rendre compte que tout cet attirail était futile, et en réalité une source de stress pour moi et une perte de temps ! Bah ouais, imagine le stress le jour où ton bagage n’arrive pas en même temps que toi alors qu’il y a TOUT ton maquillage dedans… (c’est du vécu…).

Passée de blonde à brune, de talons hauts à chaussures plates, et Monsieur n’a pas fui 🙂

Mais surtout, de partir vivre à l’étranger m’a petit à petit transformée. Pas seulement physiquement mais intérieurement aussi. J’ai appris par la force des choses à m’adapter (et de porter les bons vêtements pour les bonnes occasions), qualité qui n’était visiblement pas innée chez moi. J’ai appris aussi la simplicité et le naturel, parce que tout ça rendait ma vie plus facile (tu ne t’imagines pas à quel point mon bagage cabine est devenu léger 🙂 ! ), me faisait me sentir bien, et me permettait de profiter de bien d’autres choses. Et surtout, je me suis rendu compte que les gens (la majorité, d’ailleurs) voyaient au-delà de mon apparence physique… En effet, on ne m’a pas fuie parce que j’ai arrêtée de me maquiller comme un pot de peinture tous les jours sans exception (je ne sortais JAMAIS sans mon maquillage…) ; au contraire, j’ai eu l’impression d’être ainsi plus abordable. On ne m’a pas fuie non plus parce que j’ai cessé de porter des talons outrageusement hauts et que je parais alors plus tassée qu’avant…

Le voyage m’a appris la simplicité et à m’adapter pour mieux profiter de chaque instant

En fait, de devenir ainsi cette Jenny plus simple m’a permis de me rapprocher au mieux de ce que je prône dans la vie : l’authenticité. À vrai dire, le voyage ne m’a pas fait devenir quelqu’un d’autre, il m’a juste permis de laisser exister qui j’étais au plus profond de moi-même, et de finalement apprécier celle-ci ! Merci les voyages, merci le monde

Si l’on m’avait dit qu’un jour je partirais faire des treks en totale autonomie…

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