Australie, le bilan des 5 ans

15 octobre 2015. C’est la date à laquelle nous atterrissions en Australie pour nous y installer, il y a cinq ans de ça. J’aime bien dresser un bilan personnel lorsqu’un anniversaire de ce type se présente ; confronter la réalité à l’image véhiculée du pays, ou encore établir la liste de ce qu’on a aimé versus ce qu’on a moins aimé, oblige à prendre un certain recul que je trouve intéressant pour ensuite mieux avancer. Forcément, mon ressenti se base sur la comparaison avec les différents autres pays où j’ai vécu, et pas seulement la France, ce qui fait que tu ne te retrouveras peut-être pas dans tout ce que je dis (n’hésite pas à commenter pour faire part de ton avis !). Voici en tout cas ce qui me vient spontanément en tête.

Ces p’tits trucs qu’on a bien aimés

La sécurité avant tout

Nombreuses sont les personnes qui te diront qu’ici, en Australie, on se sent en sécurité. Il y a plein de choses qu’on se permet de faire ici que jamais ô grand jamais on ne ferait ailleurs ! C’est vrai, et c’est un soulagement pour certains arrivant de pays moins sécuritaires (et c’est avec grande tristesse que je dois admettre que la France fait bel et bien partie de ces derniers…). De plus, bien que présente, la menace terroriste semble pas trop mal gérée, ce qui est rassurant aussi.
Nous sommes également en sécurité par rapport aux risques sanitaires ici, cette année l’aura encore davantage prouvé au travers de la gestion de la pandémie. Ne reste qu’à attendre de voir si cela se vérifie dans les mois à venir aussi…

Un pays multiculturel

Si tu te balades en écoutant autour de toi, tu entendras une multitude de langues parlées, sans forcément que l’anglais soit majoritaire. Assez incroyable pour un pays où l’anglais est censé être la langue officielle ! Mais c’est ce qui caractérise les grandes villes australiennes, et c’est d’ailleurs de cette façon qu’elles se sont construites, avec l’immigration. Bon, ça n’est pas pratique pour apprendre l’anglais, mais l’avantage est que ça permet de continuer à pratiquer les langues que tu maîtrises peut-être déjà, ou de te familiariser avec d’autres, et ça donne vraiment une touche d’exotisme assez prononcée ! Puis si tu débarques tout juste ici, mine de rien, ça rassure de savoir qu’il y a forcément quelqu’un qui parle ta langue dans la rue.

Vivre à la plage tout en étant dans une grande ville

Peu de villes au monde offrent cette chance, et Sydney (ses environs) nous a charmés entre autres pour cette raison. Cette année 2020, marquée par la pandémie de COVID-19, a fait que nous avons encore davantage apprécié cette localisation toute particulière, car nos sorties autorisées nous permettaient d’aller nous ressourcer et nous apaiser au quotidien à la plage.

L’Australie, plus pet friendly que ce qu’elle annonce

Quand tu voyages avec ton animal, tu as aussi des critères le concernant. Et alors que du fait d’avoir lu tout un tas de choses décourageantes avant de venir ici, on pensait vraiment galérer, tout s’est avéré plus facile que ce que nous avions pensé. Trouver un logement qui accepte les chiens nous faisait peur, on croyait que c’était presque mission impossible ; visiblement pas. Puis notre Toupie a une telle bonne tête que ça facilite les choses aussi 🙂 Je ne dis pas que c’est facile hein, mais c’est plus accessible que ce que les « spécialistes » de Facebook (qui n’ont même pas de chien!) racontent.

Ma Toupie à Sagres (Portugal – avril 2014)

L’Australie, un gigantesque zoo

À moins que tu n’habites dans une tour du centre-ville de Sydney et que tu ne bouges pas de celle-ci, impossible de passer à côté de l’omniprésence de la faune ici ; elle est partout, tout le temps ! Oiseaux de toutes sortes et de toutes les couleurs et formes, marsupiaux (pas seulement les kangourous et koalas !), lézards, etc… Pas besoin d’aller au zoo pour faire de chouettes rencontres animales ! (PS : je te rassure, même si le pays rassemble le plus grand nombre d’espèces animales dangereuses, tu ne croises pas celles-ci à tous les coins de rue non plus !)

Hélas, tu trouveras également beaucoup de bestioles blessées (notamment kangourous sur les bords de route), et ça a été particulièrement le cas l’été dernier avec les dévastateurs feux que nous avons subis. C’est entre autres ce qui m’a motivée à passer cette année une licence pour devenir « wildlife rescuer » (secouriste pour animaux sauvages). La faune australienne est unique et de ce fait assez fragile, on n’est jamais trop nombreux pour la préserver !

La culture du respect des règles

Une différence flagrante entre les latinos (dont les français) et les anglosaxons, c’est que les anglosaxons, ils respectent les règles à la lettre (même s’ils trouvent les règles stupides)… et pire encore, ils dénoncent s’ils voient quelqu’un ne pas les respecter, tandis que nous, les latinos, on semble se rebeller contre tout ce qui s’apparente de près ou de loin à une règle, on négocie tout, on discute tout, etc… Cette année 2020 en aura été un exemple parlant !
Au début, quand on vient de pays latins, ça surprend, ça agace même, mais, soyons honnêtes, des pays où il y a des règles que tout le monde respecte, c’est ça qui fait que le pays fonctionne relativement bien, et pour le coup, Canada comme Australie en sont de beaux exemples (surtout cette année !!) ! Quand on arrive de pays latinos, c’est vrai que ça surprend au début, ça agace même, puis finalement, on s’adapte (ceux qui ne le font pas se retrouvent de toute façon à avoir des problèmes…), et on prend même goût au fait de faire les choses dans les règles, parce qu’au final, c’est bieeeeeeen plus paisible 🙂 Je peux te dire que pour ma part, en tant qu’hypocondriaque (qui a donc vraiment beaucoup flippé – et flippe toujours ! – avec cette satanée pandémie), j’ai particulièrement apprécié cette discipline cette année. Et je m’estime vraiment chanceuse d’être ici dans ce contexte, car en France, suivre les règles ne semble toujours pas être rentré dans les moeurs, même s’il aurait été de bon goût de les suivre cette année, pour le bien être du monde entier…

Un climat agréable

Le climat à Sydney, c’est pas du tout ce que j’imaginais ! Je croyais qu’il faisait tout le temps beau et et très chaud… Eh bien figure toi que ça n’est pas vraiment le cas. Il y a bien des saisons ici à Sydney, avec des hivers aux soirées – parfois journées – vraiment fraîches (autour de 12 degrés quoi, mais t’as une sensation thermique vachement plus basse que ça) et des étés longs et parfois caniculaires. Toutefois, ça n’est pas désagréable. Crever de chaud toute l’année, c’est quand même pas cool… ni pour soi, ni pour la nature, alors une petite coupure « fraîcheur », c’est plutôt bienvenu ! Et très franchement, quand il fait soleil en pleine journée en hiver, tu peux facilement t’installer en terrasse le temps d’un petit verre, parfois même en t-shirt, et ça arrive hyper souvent !

Les profils atypiques sont bienvenus

Mon parcours n’est pas très conventionnel (c’est le moins qu’on puisse dire, et vu le nombre de formations que je suis en train de suivre, je n’arrange pas mon cas!), et alors qu’il fait facilement l’objet de critiques en France, il est ici apprécié et applaudi, ça fait plaisir de ne pas se sentir pointée du doigt comme si j’étais un intrus de la société… Et ici (et c’était pareil au Canada), tes échecs sont ta force 😉

L’influence asiatique

Ça en gonfle certains, moi j’aime bien, notamment en ce qui concerne la gastronomie ! La cuisine australienne étant… inexistante (j’ai pas d’autres mots), c’est cool de trouver tout un tas de mets thaïlandais, indiens, vietnamiens, japonais, etc.. pour vraiment pas cher !

Tout est facile

Un jour, j’en ai eu marre de ma voiture. Je l’ai mise en vente.
12 heures plus tard, j’avais déjà acheté sa remplaçante et fait la paperasse pour ce nouveau véhicule.
8 heures plus tard, mon ancienne voiture était vendue, avec toute la paperasse mise à jour pour celle-ci…
Qui dit mieux ?

Tout est comme ça ici, les démarches sont simples (même si parfois, expliqué comme ça l’est, ça peut paraître complexe) et rapides, et beaucoup d’entre elles sont faisables en ligne.

Les trucs qu’on a moins aimés

Le coût de vie qui fait mal au derrière

Alors ok, les salaires vont avec… oui, mais t’as pas plus à la fin du mois vu que tout est plus cher ! Ça bride pour faire pas mal de choses, mine de rien… Bon, heureusement, après 5 ans sur place, tu trouves des astuces pour payer moins cher plein de choses, tu fais tes courses en fonction des promos, profites des happy hours pour ne pas te ruiner en sortie, utilise des sites comme Groupon pour dégoter des trucs à moins cher, tu fais beaucoup plus de récup’ (sachant en plus que c’est préférable pour la planète de faire comme ça).

Tout est payant

Outre le fait que tout soit cher, tout est payant ! Bah oui, tant qu’à faire… Ah heureusement, l’accès à la plage n’est pas payant (pas encore)…

C’est loiiiiiin  !

Remarque qui peut te sembler totalement stupide, dans le sens où tout le monde sait que l’Australie, c’est de l’autre côté du globe par rapport à la France. Oui, mais vraiment, il faut être venu pour se rendre compte à quel point c’est loin, à quel point le décalage horaire est parfois casse-pieds à gérer pour pouvoir maintenir un contact avec la France, il faut être venu pour se rendre compte à quel point le trajet est looooooong, il faut être venu pour se rendre compte que retourner en France régulièrement, ça va s’avérer compliqué logistiquement et financièrement parlant… (et écologiquement parlant aussi !).

C’est graaaaaand !

On n’a rien appris de ce côté-là non plus, c’est juste qu’on ne réalisait pas vraiment l’ampleur de la chose et comment ça allait nous impacter. Tu sais qu’on aime voyager, découvrir des choses nouvelles, et le truc, c’est qu’ici, avant d’avoir un changement de paysage par exemple, il faut rouler des heures et des heures. Donc autant prendre l’avion. Sauf que comme les distances sont super grandes, eh bien tu payes cher ton trajet en avion, on en revient toujours à la même chose… Et puis prendre l’avion sans cesse, c’est pas bon pour la planète… Du coup, on voyage moins ! En découle une petite frustration quand même…

Route infinie en Australie

L’absence de vieux bâtiments

En soi, l’architecture et les vieux bâtiments n’est pas quelque chose qui me passionne. Mais maintenant que nous sommes dans un endroit où il n’y a pas ça, eh bien on se rend compte que la vieille pierre apporte une certaine âme à un lieu. L’Australie est un pays trop jeune, et de ce fait, les vieilles bâtisses que l’on trouve partout en Europe, il n’y en a pas ici. Je ne pensais pas que c’était quelque chose qui pouvait manquer !

Pas facile d’avoir des amis australiens

Connaître des australiens, c’est facile. Ils sont relax, sympas, c’est cool. Mais se faire des amis australiens, c’est un autre niveau qu’il est assez difficile d’atteindre. En fait, tu te rends compte avec le temps que ta présence importe peu. Tu es présent, c’est cool, ils sont contents. Tu es pas là, c’est cool aussi, ils s’en foutent… L’avantage est qu’ils sont du coup toujours contents ! Faut voir le côté positif des choses !

Pas facile d’avoir des amitiés durables

Ce point-là, je dirais qu’il ressort à chacune de nos expatriations, parce qu’en fait, c’est LE gros problème de la vie à l’étranger selon moi.

Rencontrer des gens, ça ne pose aucun problème. Enfin ça ne ME pose aucun problème… Mon entourage ici pourrait en parler, il y a tout le temps du monde chez moi, et des nouvelles têtes presque à chaque fois, rencontrées au détour d’une rue, via ce blog, dans un café, chez quelqu’un d’autre, etc. Ce qui est plus compliqué, c’est de faire perdurer ces relations. Et gros frein à cela : il y a un énorme turn over ici. Ça s’est un peu moins ressenti cette année passée car beaucoup de monde a dû quitter l’Australie, mais en temps normal, le pays est plein de personnes en WHV, ou encore de voyageurs, de gens en visa temporaire, etc. Les gens ne sont que de passage, en somme… Donc tu t’attaches, et paf, les gens partent. Et le pire, c’est qu’on a beau savoir cela depuis bientôt 10 ans d’expatriation, on ne semble pas apprendre de cela et on en souffre chaque fois autant…

Conclusion

Je ne suis pas tombée amoureuse de l’Australie au premier coup d’oeil ; loin de là. Pour tout te dire, je ne me voyais même pas tenir une année ici. Je suis passée par des phases très difficiles où je ne trouvais simplement pas ma place et n’aspirais qu’à une chose : planifier notre prochain déménagement international.
Pour diverses raisons, nous avons persisté, et heureusement, car aujourd’hui, je réalise que je suis bien ici, et je n’ai pas grand chose de valable à lui reprocher à cette Australie, bien au contraire. J’ai toujours envie d’aller découvrir autre chose, un autre style de vie dans un autre pays, etc… Ça, ça ne changera pas. Ce qui a changé et qui s’amplifie chaque jour un peu plus, c’est que je n’ai pas hâte de quitter ce pays. En fait, l’Australie, plus on la connaît, plus on l’aime ! C’est du moins comme ça que je me positionne après ces 5 années ici !

Si tu es venu(e) par ici, je serais ravie d’avoir ton propre ressenti dans les commentaires, ou ta réaction à mes propos, alors n’hésite pas !

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7 commentaires sur “Australie, le bilan des 5 ans

  1. 15 Septembre 2015… moi je récupérais mon camping car en NZ ! :p Je pense que tu devrais tester ce pays il te plairait beaucoup! contrairement à l’Australie les distances pour se dépayser ne sont pas grandes ! ^^ C’est peut être pus facile pour se faire des amis et ils adorent les animaux 😉
    Par contre c’est encore plus loin pour rentrer en France xD Et tout comme l’Australie c’est loin de tout si tu veux visiter d’autres pays.
    Par contre il ne fait pas chaud toute l’année ! il peut même faire froid ! J’aurais aimé que se soit comme à Sydney :p
    Je dirais que l’autre inconvénient de la NZ c’est qu’ils ne savant pas faire la fête. Ils ne fêtent pas Noel !! rien n’était décoré… J’ai trouvé ça triste :s c’est pareil en Australie ?

    1. Merci Jennifer pour ta réponse 😉 Je pense bien tester la Nouvelle Zélande, mais en vacances, car je pense en effet que le climat ne me conviendrait pas pour vivre pour le coup. Je pense que ce truc de Noël, c’est propre à l’hémisphère nord, où il fait froid pour ces festivités, et du coup, ça réchauffe le coeur de voir autant de décorations et de manger autant. Au sud, bah il fait chaud (plus ou moins) en décembre, et du coup, t’as pas le coeur à la fête de Noël tel qu’on l,entend nous ! Après, je peux difficilement comparer Australie avec NZ, vu que je ne connais pas encore cette dernière, mais de ce que je constate ici, ya des décos mais sans plus, ça ne va pas bien avec la chaleur qu’il fait ! 🙂 Et puis le jour J, tu fais un barbecue sur la plage. C’est quand même bien différent ! Je n’ai jamais été une grande fan de Noël donc ça ne me gêne pas davantage, mais je pense que le fait d’avoir principalement vécu dans l’hémisphère sud depuis que j’ai quitté la France a encore davantage contribué à ce désintérêt pour Noël !

  2. Hello,
    Je ne suis pas d’accord, je ne dirais pas que la gastronomie australienne est inexistante! À Melbourne on trouve plein de super restaurants qui mélangent les influences surtout asiatiques et méditerranéennes et pour moi c’est ça la cuisine australienne 🙂 un vrai melting pot, à l’image du pays 🙂 et par rapport au coût de la vie à moins de se loger en plein coeur de Sydney ou Melbourne, je trouve que le pouvoir d’achat est bien meilleur ici!

    1. Ah ça, pour avoir des cuisines de partout ailleurs, ya pas de problèmes, mais de la cuisine australienne proprement dite, ça ne court quand même pas les rues. Il suffit de voir les livres de recettes australiennes 🤷‍♀️
      Le pouvoir d’achat est sans aucun doute meilleur une fois qu’on capte les techniques pour s’en tirer pour pas cher. Et autre technique, vivre en coloc !! Mais quand tu vis pas en collocation, même à 1h du centre de Sydney, se loger coûte quand même un bras et ça prend une bonne partie du revenu. Mais je te rejoins, on peut s’en sortir beaucoup mieux ici

  3. Ma jenny il faudrait que je t’emmène dans un “vrai” restaurant australien. La cuisine australienne qui utilise des plantes aromatiques ou légumineuses typiques du Bush australien et que tu ne trouves nulle part ailleurs au monde . C’est juste extraordinaire!!!! Un des meilleurs restaurants au monde que j’ai fait était australien. ( Orana à Adélaïde) . Autre réflexion : la plupart des touristes qui viennent en Australie ne s’attendent pas à manger aussi bien . Ils viennent pour les animaux , les paysages , le surf mais personne ne vient dans ce pays pour la gastronomie. Par contre la plupart repartent chez eux en mettant la cuisine dans le top 3 des meilleures choses qu’ils ont découvert . ( j’avais lu un sondage sur le sujet ) . Mais j’avoue que ces restaurants typiques et souvent top classe sont assez rares hélas et très chers. Par contre Il faut que je t’emmène là où il y a des marchés aborigènes et que je te donne quelques infos … 😉

    1. Carrément partante pour découvrir ! Personne ne vient pour la cuisine australienne, car en effet personne ne connaît. Même en demandant aux australiens, ils ne mettent pas vraiment en avant une quelconque spécialité (ok, du kangourou, mais un aliment seul ne fait pas une gastronomie entière 😅). Comment veux tu que ça dépasse les frontières ahah ? Surtout si les restaurants de vraie cuisine australienne se font hélas aussi rares !

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